Ukraine : frappes sur Saint-Pétersbourg, siège à l'Est
La nuit du 4 juillet 2026 marque une nouvelle escalade dans le conflit russo-ukrainien. L'Ukraine a mené une attaque de drones et de missiles sur le territoire russe, ciblant notamment Saint-Pétersbourg. En représailles aux bombardements meurtriers sur Kiev, cette offensive stratégique coïncide avec une guerre d'usure acharnée pour le contrôle de Kostiantynivka, que Kiev affirme toujours détenir face aux affirmations contraires de Moscou.
Quelle est l'ampleur des frappes ukrainiennes sur la Russie ?
L'armée russe affirme avoir neutralisé 494 drones et 10 missiles longue-portée « Flamingo », ainsi que 9 munitions de lance-roquettes multiples HIMARS fournis par Washington. Des chiffres impressionnants, qui ne suffisent pas à masquer la réalité de la pénétration ukrainienne. Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine, a été visée par environ 70 drones. Le gouverneur Alexandre Beglov reconnaît l'impact d'un drone sur un terminal pétrolier, parlant de problèmes « techniques » résolus sans victimes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky revendique quant à lui la frappe de la base navale de Kronstadt, une cible militaire de premier plan. L'espace aérien n'a pas été épargné, avec la fermeture temporaire des aéroports de Kaliningrad, Pskov et Saint-Pétersbourg. Dans la région frontalière de Belgorod, les frappes ont provoqué des coupures d'électricité et d'eau.
Comment Moscou justifie-t-il ses représailles ?
Le ministère russe de la Défense a promis une « réponse appropriée » à ce qu'il qualifie de tentative de Volodymyr Zelensky d'endommager des infrastructures civiles. Une rhétorique bien commode pour un régime qui bombarde systématiquement les villes ukrainiennes. Cette semaine, une attaque russe sur Kiev a fait 30 morts. Vendredi, le centre de Soumy a été frappé, tuant au moins 4 personnes et en blessant 33 autres. Face à cette stratégie de la terreur, Kiev intensifie logiquement ses frappes en profondeur pour entraver la machine de guerre russe et frapper ses bases logistiques.
La ville stratégique de Kostiantynivka est-elle tombée ?
Sur le terrain, la situation reste figée. Selon l'analyse de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), le front n'a pratiquement pas bougé en juin, reflétant une perte d'élan des troupes russes. Le point névralgique se situe désormais à Kostiantynivka, dans la région de Donetsk. Cette ville constitue le dernier verrou avant Kramatorsk et Sloviansk, les bastions sous contrôle ukrainien que le Kremlin convoite pour s'emparer du Donbass. Moscou a annoncé la prise de la ville, mais Kiev dément formellement. Le porte-parole militaire Andriï Kovaliov affirme que les soldats ukrainiens tiennent leurs lignes défensives dans une situation difficile. De son côté, le général russe Sergueï Roudskoï prétend que ses troupes opèrent « dans toutes les parties » de la ville et visent désormais Droujkivka.
Pourquoi Kostiantynivka est-elle si stratégique pour le Donbass ?
Kostiantynivka est le bouclier naturel de Kramatorsk et Sloviansk. Sa chute ouvrirait la voie à la conquête de l'ensemble du Donbass, l'objectif ultime de Vladimir Poutine. La défense acharnée de cette ville par les forces ukrainiennes bloque l'avancée des troupes russes vers ces centres urbains majeurs.
Cette escalade menace-t-elle la stabilité régionale ?
L'extension des frappes ukrainiennes en profondeur sur le sol russe marque un tournant stratégique. Kiev démontre sa capacité à toucher des cibles économiques et militaires majeures, bien au-delà de la zone frontalière. Les représailles promises par Moscou laissent présager une intensification des bombardements sur les centres urbains ukrainiens, prolongeant un cycle de violence qui éprouve durement les infrastructures civiles des deux côtés.