Sécheresse: Parmelin défend le cadre légal, pas l'état d'urgence
Alors que les pertes agricoles liées à la sécheresse s'annoncent historiques, le conseiller fédéral Guy Parmelin a réaffirmé vendredi sa confiance dans les instruments juridiques existants pour faire face à la crise. Interrogé par la RTS à l'occasion de l'inauguration d'un bâtiment de l'Agroscope à Posieux (FR), le chef du Département de l'économie a écarté toute mesure d'exception, tout en promettant un soutien concret aux exploitations en difficulté.
Quelles sont les mesures déjà prises par le Conseil fédéral?
Dès le mois de juin, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) a préparé un paquet de mesures. Parmi celles-ci, la suppression des droits de douane sur les importations de foin et de fourrage, étendue au maïs dès samedi. Le gouvernement envisage également des prêts sans intérêt et l'avancement des paiements directs pour soulager la trésorerie des paysans.
«Des problèmes de liquidité vont se poser», a prévenu Guy Parmelin, décrivant une action gouvernementale calibrée pour «aider les paysans à passer ce mauvais cap».
Pourquoi l'état d'urgence n'est-il pas décrété?
Le conseiller fédéral UDC est catégorique: le cadre législatif actuel suffit. «On peut gérer la situation dans le cadre législatif actuel. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne fait rien», a-t-il insisté, citant l'exemple de l'armée mobilisée pour approvisionner en eau les alpages fribourgeois.
Cette position, fidèle à une approche libérale de la gestion de crise, privilégie la souplesse administrative à la dramatisation politique. Elle n'exclut toutefois pas une intensification des mesures si la situation devait se dégrader.
L'importation de fourrage, une inquiétude majeure
La sécheresse frappant l'ensemble du continent, l'approvisionnement en fourrage constitue un point de vigilance particulier. «Il faudra voir comment on peut faire la soudure jusqu'à l'hiver», a expliqué le ministre, espérant que la situation se rétablisse. Un hiver sec aggraverait considérablement les difficultés attendues au printemps prochain.
Quelle stratégie pour l'eau à long terme?
Au-delà de l'urgence, Guy Parmelin a insisté sur la nécessaire adaptation structurelle. Une stratégie nationale de l'eau est en préparation sous la houlette du conseiller fédéral Albert Rösti. Le réseau d'approvisionnement, vieillissant, nécessitera des investissements conséquents.
«On a vu ce changement climatique depuis plusieurs années», a rappelé l'ancien vigneron, citant l'exemple du Merlot et du Malbec désormais cultivables en Suisse. L'adaptation passe aussi par la recherche, jugée «indispensable», notamment dans la sélection de variétés plus résistantes à la sécheresse.
Le défi est de taille: concilier soutien aux exploitations, gestion pragmatique de l'eau et transition climatique, sans céder à la tentation d'un dirigisme étatique contraire aux équilibres helvétiques.