Chaussures de course: le guide pour choisir sans se tromper
Drop, stack, carbone, gravel: le vocabulaire des chaussures de course peut dérouter même les sportifs aguerris. L'émission A Bon entendeur a mené l'enquête pour aider les coureurs à faire le bon choix, entre innovations marketing et besoins réels. Voici les critères essentiels à connaître avant d'investir dans une nouvelle paire.
Route ou trail: le terrain détermine la chaussure
Première règle à retenir: selon le terrain de jeu ou la vitesse de pointe, il ne faut pas les mêmes baskets. Les chaussures de route sont légères et flexibles. Elles rebondissent très bien mais sont moins stables. Leurs semelles sont lisses.
Les chaussures de trail sont conçues pour les sentiers, les cailloux, la montagne ou la forêt. Plus rigides et plus stables, elles rebondissent moins. Leurs semelles sont armées de crampons plus ou moins prononcés.
«Si vous partez avec une chaussure de route dans la forêt, ça glisse. A l'inverse, si vous faites dix kilomètres sur du goudron avec des chaussures de trail, ça s'use hyper rapidement», prévient Gilles Roux, vendeur spécialisé chez Pellissier Sport, dans A Bon entendeur.
Depuis peu, une troisième catégorie a fait son apparition: les chaussures gravel, présentées comme polyvalentes. Mais elles ne sont vraiment adaptées ni pour le trail, ni pour le goudron.
Innovations marketing: la semelle en carbone à la loupe
Dans le monde des chaussures de course, les marques sortent une innovation tous les sept à dix ans pour rebooster les ventes. La dernière en date: les semelles en carbone. Les fabricants ont inséré une plaque en carbone dans la semelle pour augmenter le rebond.
Le problème? Si on court en dessous de 17 km/h, la semelle en carbone ne sert à rien, car on n'a pas assez de vitesse pour profiter de la propulsion.
Le stack: attention aux effets d'optique
Les mousses, c'est l'élément clé de la basket. C'est là que repose le pied, comme sur des petits coussins. Elles ont deux fonctions: absorber les chocs et aider le sportif à rebondir. L'épaisseur de la mousse entre la semelle et le pied s'appelle le stack. Il est de 3 cm en moyenne.
Mais la nouvelle mode, ce sont les grosses mousses, entre 4 et 5 cm d'épaisseur. Deux fois plus qu'il y a une vingtaine d'années.
«Oui, il y a un côté design. C'est aussi pour ça qu'ils utilisent beaucoup de couleurs flashy et cette mousse vraiment énorme», explique Gilles Roux.
Le problème? Les baskets aux énormes mousses ne vont pas forcément mieux amortir que les autres. L'amorti dépend surtout de la qualité et de la densité de la mousse utilisée. Il faut donc se méfier des effets d'optique et des effets de mode.
Le drop: un critère à adapter au niveau
Que ce soit pour le bitume ou les sentiers, les baskets de course sont rarement plates. Les fabricants surélèvent l'arrière de la chaussure pour soutenir les mollets et les pieds. C'est ce qu'on nomme le drop.
«Le drop, ce n'est pas la hauteur de la mousse, donc il faut faire attention à ça. Des fois, on voit de grosses mousses, on pense qu'on a énormément de drop et ce n'est pas le cas. Le drop, c'est vraiment la différence de millimètres entre l'arrière et l'avant», explique Gilles Roux.
Un faible drop (moins de 5 mm) convient aux coureurs expérimentés qui ont déjà les mollets et les pieds bien musclés. Un grand drop (plus de 8 mm) est recommandé pour les débutants ou ceux qui attaquent du talon.
Ce qui se cache à l'intérieur: le grand mystère
Dans les baskets de route comme de trail, certaines ont des semelles intérieures bien meilleures que d'autres, mais cela ne peut pas se voir. Pour choisir des baskets résistantes, le seul moyen est donc de savoir ce qu'elles ont dans le ventre.
Au cours de son enquête, A Bon entendeur a fait découper des chaussures dans une véritable salle d'autopsie installée par le podologue Arnaud Goutorbe. Verdict: certaines semelles sont de véritables millefeuilles avec plusieurs densités de mousses alors que d'autres n'ont qu'une seule densité, moins performante.
Malheureusement, le prix de la chaussure n'est pas forcément gage de qualité. «Une chaussure à 300 francs ne sera pas forcément mieux adaptée à la course à pied qu'une à 150 francs», confirme Arnaud Goutorbe.
Des mousses qui ne se valent pas
L'autre critère essentiel pour prédire l'usure est le type de mousse utilisée pour fabriquer la semelle intérieure. Elles n'ont de loin pas toutes la même qualité.
Il existe trois principaux types de mousses, des polymères dérivés de la chimie du pétrole. L'EVA est économique mais s'use vite. Le PEBA est léger et dynamique mais fragile. Le TPU est le plus robuste mais aussi le plus lourd.
Les fabricants font des mélanges de ces mousses pour cumuler leurs propriétés et faire baisser les coûts. «En tant que consommateur, ce n'est pas facile de déterminer quels types de mousses sont utilisés», explique Tim Börner, scientifique à l'EMPA.
Les fabricants fournissent toutefois les informations sur leur site web et les fiches techniques des baskets. Pour savoir de quoi sont faites les baskets et estimer leur durée de vie, il vaut donc la peine de regarder leur composition comme celle d'un aliment.
FAQ: questions fréquentes sur les chaussures de course
Quelle est la différence entre drop et stack?
Le stack est l'épaisseur totale de la mousse entre la semelle et le pied, environ 3 cm en moyenne. Le drop est la différence de hauteur en millimètres entre l'arrière et l'avant de la chaussure. Ce sont deux mesures distinctes qui ne doivent pas être confondues.
Les chaussures à semelle en carbone valent-elles leur prix?
La plaque en carbone n'apporte un réel bénéfice que si vous courez à plus de 17 km/h. En dessous de cette vitesse, la propulsion supplémentaire n'est pas activée et l'investissement peut s'avérer inutile.
Comment savoir si une chaussure est de bonne qualité?
Le prix n'est pas un indicateur fiable. Il faut examiner la composition des mousses (EVA, PEBA, TPU) sur les fiches techniques du fabricant, comme on lirait la liste des ingrédients d'un aliment. Plus la semelle intérieure a de densités différentes, meilleure est la performance.