Le pays gronde: blocages, manifestations et appels à la grève générale
L'Italie vit un automne agité. Agriculteurs et transporteurs ont bloqué plusieurs axes routiers cette semaine dans les Pouilles, en Calabre et en Sicile pour protester contre la hausse des prix des carburants. Ces blocages ralentissent le transport du blé et compromettent la production de pâtes, selon 20 Minuten, qui rapporte l'information. Le syndicat Conftrasporto menace désormais d'un « blocage national » et dénonce « le climat de tension créé par l'insoutenable situation liée à la flambée des prix de l'énergie ».
Vendredi 16 octobre, plusieurs milliers d'étudiants et lycéens ont manifesté globalement dans le calme à Rome, Milan, Florence, Bologne et Gênes. Ils répondaient à l'appel de collectifs mobilisés pour la paix et contre le gouvernement de Giorgia Meloni, qui veut notamment augmenter le budget de la Défense et a plafonné le nombre d'élèves étrangers par classe.
À Rome, quelques échauffourées ont eu lieu lors de la manifestation rassemblant « plusieurs milliers d'étudiants » entre le Colisée et le ministère de l'Éducation, selon la préfecture de la capitale italienne. À Turin, environ dix lycées sont occupés, avec des appels à faire « comme en France », relève la presse locale. Une pancarte y clamait, en français: « Le monde est à nous ».
Des professeurs accompagnent le mouvement et demandent des hausses de salaires et des recrutements. Certains se sont interposés entre des jeunes et la police, laquelle a répondu à des jets de pierres par des canons à eau et des gaz lacrymogènes, a constaté un photographe de l'AFP.
« Le coût de la vie est insoutenable »: la CGIL fixe le cap
« L'Italie se trouve dans une crise économique et sociale dramatique », a déclaré à l'AFP Christian Ferrari, secrétaire général du grand syndicat CGIL.
« Le coût de la vie est insupportable, notre système productif perd des morceaux chaque jour, il y a une urgence climatique... »
Le syndicaliste affiche un objectif précis: « placer au centre de la campagne électorale les conditions matérielles de vie et de travail des Italiens ». Une nouvelle manifestation nationale sur l'« insoutenable coût de la vie » est prévue samedi 17 octobre à Rome. Le syndicat minoritaire USB a de son côté appelé à une grève générale le 30 octobre.
Ce scénario n'est pas sans rappeler les grandes journées de mobilisation françaises, un modèle que certains manifestants invoquent explicitement. Les médias suisses et européens suivent la situation de près, comme
