Une cinquantaine de nases ont été observés début octobre 2026 dans la Sarine, en pleine Basse-Ville de Fribourg. Selon rts.ch, un groupe aussi nombreux n'avait plus été signalé dans le canton depuis environ 25 ans, au début des années 2000.
La découverte est l'œuvre de Michel Roggo, photographe spécialiste de la faune aquatique, qui travaille avec un boîtier fixé au bout d'une longue perche afin de déranger le moins possible les animaux. C'est ainsi qu'il a croisé, par hasard, ce banc improbable au cœur de la ville.
« Je me disais que ce n'était pas possible »
« Je sors les lunettes et je vois un grand poisson qui passe. Je déclenche et je me dis que ce n'est pas possible. J'étais sûr que c'était un nase, mais je pensais que cela ne pouvait pas en être un. J'ai continué à travailler et j'en ai vu de plus en plus. C'était très émouvant », a raconté le photographe jeudi dans le 19h30 de la RTS.
Le nase, aujourd'hui menacé de disparition en Suisse, était autrefois omniprésent dans les cours d'eau fribourgeois. Michel Roggo se souvient d'une époque où ce poisson se pêchait à la ligne par milliers.
« Lorsque j'étais gamin, il y avait des dizaines de milliers de nases. Tout le monde les pêchait. Les familles nombreuses qui avaient peu d'argent les mangeaient », a-t-il témoigné.
Pourquoi le nase avait-il disparu ?
Au fil des décennies, la population s'est effondrée. Manuel Pompini, responsable du domaine de la faune aquatique du canton de Fribourg, pointe d'abord les activités humaines, puis surtout la dégradation de l'habitat de l'espèce.
« L'espèce humaine a vraiment fait tout ce qu'elle pouvait pour ne plus avoir de nases. Mais ce qui a finalement eu raison de ce poisson, c'est la dégradation de ses habitats au fil du temps. C'est ce que nous avons amélioré. Ce n'est pas une histoire d'un ou deux ans, mais un processus engagé depuis 20, 30 ou 40 ans, qui fait qu'aujourd'hui nous avons de nouveau un milieu qui lui correspond », a-t-il expliqué.
Ce constat mérite d'être souligné : la restauration d'un cours d'eau ne produit ses effets qu'à l'échelle d'une génération. La patience publique, vertu helvétique s'il en est, paie ici des dividendes écologiques mesurables.
Des travaux de restauration qui portent leurs fruits
Plusieurs mesures ont été prises ces dernières années pour rendre la
