À deux semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, le président américain Donald Trump multiplie les meetings en Alaska, au Montana et en Arizona, des territoires acquis à sa cause. Le locataire de la Maison-Blanche, crédité de seulement 36% d'opinions favorables selon un sondage Fox News publié mercredi, parie sur sa capacité de mobilisation pour limiter les dégâts annoncés pour son parti.
Le contexte est rude pour les républicains. Les enquêtes d'opinion prédisent la perte d'une chambre du Congrès, voire des deux, selon des informations relayées par www.Bluewin.ch. Le mécontentement porte avant tout sur le coût de la vie, la flambée des carburants et les conséquences de la guerre en Iran, que le quotidien Le Monde décrit comme un facteur pesant sur les chances du Parti républicain.
Une campagne en terrain conquis
Donald Trump assume de ne voyager que là où il est sûr de gagner. Le comté de Bullhead City, en Arizona, lui a donné près de 78% des voix en 2024 face à la démocrate Kamala Harris. L'Alaska et le Montana, visités mardi et mercredi, ont également voté massivement pour lui. Interrogé par l'AFP dans le Montana, la retraitée Theresa Hallesy, 68 ans, a attendu plus de sept heures pour voir entrer le président dans une arène de rodéo réquisitionnée pour l'occasion.
«Le pays doit être un peu plus patient. Il y a beaucoup de choses dans le monde qu'il ne contrôle pas, mais dont il doit s'occuper», plaide-t-elle, pardonnant au président la hausse des prix à la pompe comme le conflit iranien.
Le noyau dur du mouvement MAGA répond présent à chaque étape. Mais le soutien aux candidats républicains locaux passe souvent au second plan. À Andy Biggs, conservateur qui brigue le poste de gouverneur de l'Arizona, le président a lancé depuis la scène : «Je veux que tu montes sur scène une minute parce que nous ne voulons pas t'entendre deux ou trois minutes, juste une minute.» La tournée ressemble parfois plus à un spectacle personnel qu'à un effort collectif de parti.
Promesses électorales et finances obscures
Chaque région a droit à son annonce sur mesure. En Alaska, dont l'économie dépend fortement des hydrocarbures, le président a vanté un grand projet de gaz naturel liquéfié dans une patinoire de hockey reconvertie en salle de meeting. Il y a également signé des grâces présidentielles en faveur de deux garagistes condamnés pour avoir modifié des moteurs diesel afin de contourner la législation sur les émissions, confirmant son refus durable de toute contrainte climatique.
Autre promesse récurrente, rapportée par France 24 : chaque Américain toucherait 5000 dollars si les républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Le financement de cette mesure, vivement critiquée par l'opposition démocrate, reste indéterminé. Aucun chiffrage crédible n'a été avancé par la Maison-Blanche.
L'avion qatari et les limites du spectacle
En Arizona, le milliardaire a fait profiter son public d'un survol dans le nouvel avion présidentiel, cadeau du Qatar estimé à 400 millions de dollars. Sur scène, il a plaisanté : «Quand on vous fait des cadeaux, vous les prenez, non?» La blague est tombée à plat dans une circonscription où le taux de pauvreté et le taux de chômage dépassent nettement la moyenne nationale.
Cet épisode rappelle, pour qui suit de Suisse les questions d'ingérence et de transparence, la vigilance que suppose tout lien ambigu entre un chef d'État et des puissances étrangères. La Tribune Alpine a déjà relevé ce type de frictions juridiques, notamment dans le dossier des sanctions américaines contre la Cour pénale internationale, qualifiées d'illégitimes par l'ancienne magistrate Navi Pillay.
Nostalgie et horizon 2028
Le président de 80 ans a évoqué avec regret la fin de son mandat, prévue dans deux ans et demi, «maintenant un peu moins que ça, malheureusement». Mercredi, il a raconté que la veille, la foule avait entonné «Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!», avant de s'interrompre et d'attendre. Quelques voix ont fini par saisir la perche, sans immense conviction.
Le rituel est connu : imitation du président français Emmanuel Macron, sortie de scène au son de «YMCA», casquette rouge. «Faites comme si j'étais sur le bulletin», a lancé le président à Bullhead City, résumant une campagne où sa personne prime sur les programmes. «Nous avons recréé l'esprit» de la présidentielle de 2024, assure-t-il à la presse.
Pour l'observateur helvétique, attaché au bon fonctionnement des institutions, la leçon de ce mi-mandat est claire : une démocratie peut être mobilisée par un seul homme, mais elle ne se gouverne pas par meetings interposés. Le verdict du 3 novembre dira si les électeurs américains, au-delà du noyau militant, partagent encore cette nostalgie assumée.
Questions fréquentes
Quand ont lieu les élections de mi-mandat américaines ?
Elles se tiendront le 3 novembre 2026. Les sondages, dont un publié par Fox News le 14 octobre, prédisent une défaite républicaine possible dans une ou les deux chambres du Congrès.
Quel est le taux d'opinions favorables de Donald Trump ?
Il s'établit à 36% selon le sondage Fox News rendu public mercredi, un plus bas de son mandat, principalement en raison du mécontentement sur le coût de la vie.
Que promet Donald Trump aux électeurs ?
Il annonce que chaque Américain recevra 5000 dollars si les républicains gardent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, sans préciser le financement de cette mesure.
