La République démocratique du Congo a franchi, mardi 28 octobre 2026, le seuil des 10'000 cas d'Ebola, avec 10'060 personnes contaminées et 4'887 décès depuis le début de l'épidémie, selon les derniers chiffres de l'Institut national de santé publique congolais (INSP).
Le taux de létalité avoisine les 50%, un chiffre qui dit l'ampleur du drame sanitaire. Quelque 2'684 guérisons ont été signalées. Selon www.Bluewin.ch, la flambée, officiellement déclarée le 15 mai 2026, avait en réalité refait surface plusieurs mois auparavant, s'accordent à dire les spécialistes, le virus ayant été détecté tardivement dans ce pays de plus de 100 millions d'habitants.
Une épidémie qui dépasse les frontières congolaises
Partie de la province de l'Ituri, au nord-est, la 17e épidémie de l'histoire congolaise s'est étendue à huit provinces, l'Ituri et le Nord-Kivu concentrant la majorité des cas recensés. Le virus a aussi franchi les frontières nationales, relève allAfrica, qui confirme la progression de la maladie au-delà du territoire congolais.
En Ouganda voisin, vingt cas dont deux décès ont été signalés avant que l'épidémie ne soit déclarée éradiquée du territoire en août. La semaine dernière, un cas a été détecté au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique. La malade est une Suissesse de 42 ans, épouse d'un employé de l'ambassade suisse à Abuja, qui avait voyagé en Ouganda avec son mari avant de rentrer au Nigeria.
Ce cas, qui touche directement la communauté helvétique, rappelle combien une crise sanitaire lointaine peut concerner la Suisse. La diplomatie et la coopération médicale suisses ont un rôle à jouer, dans le respect des compétences internationales et sans ingérence.
Pourquoi cette épidémie inquiète l'OMS
L'Organisation mondiale de la Santé a prévenu la semaine dernière que l'Afrique faisait face à une épidémie d'Ebola « plus complexe » depuis que le virus a été détecté dans l'ouest du continent, alors qu'il est également présent à l'est et dans le centre. Des cas sont actuellement signalés au Kenya et jusqu'au Nigeria.
Le bilan historique est lourd. Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a déjà fait plus de 15'000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. La pire épidémie enregistrée en RDC avait causé près de 2'300 décès pour 3'500 malades recensés, entre 2018 et 2020, rappelle La Libre. L'épidémie actuelle dépasse déjà, en nombre de contaminations, tous les précédents congolais.
La riposte freinée par l'insécurité et la défiance
En RDC, la riposte sanitaire manque de moyens dans les régions reculées infectées, où la présence de groupes armés complique les déplacements des équipes médicales. Les soignants et travailleurs humanitaires se heurtent aussi à la défiance de populations locales, à l'origine de plusieurs incidents au cours des derniers mois.
Samedi, un infirmier a été tué et un agent de santé grièvement blessé dans la province de la Tshopo, au nord-est, selon l'OMS. Le centre de traitement Ebola où s'est produit l'incident a été fermé, a indiqué à l'AFP le docteur Marcel Likolo, médecin chef de zone de santé de Bafwasende.
Des jeunes de la zone ont accusé les victimes d'avoir tenté de contaminer les populations avec des comprimés contenant le virus avant de les attaquer, selon le médecin. Ce genre de rumeur illustre un problème que la santé publique ne résout pas avec des seuls moyens techniques : sans confiance, pas de riposte efficace.
Un essai vaccinal lancé, mais aucun vaccin homologué
L'épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle il n'existe aucun vaccin ni traitement homologués à ce jour. C'est le point le plus préoccupant sur le plan médical.
Des premières doses du vaccin Ervebo, dont l'efficacité est prouvée sur la souche Zaïre, la plus fréquente lors des précédentes épidémies, ont été administrées ces dernières semaines en RDC à des volontaires dans le cadre d'un essai clinique, comme le rapporte ONU Info. L'OMS a annoncé le lancement de cet essai destiné à évaluer des candidats vaccins adaptés à la souche Bundibugyo.
La recherche médicale avance donc, mais à un rythme que l'ampleur de l'épidémie ne pardonne pas. La question des financements internationaux se posera vite : sans engagement des pays donateurs, l'essai vaccinal et la riposte sur le terrain resteront sous-dimensionnés.
Ce qu'il faut retenir
- 10'060 cas et 4'887 décès en RDC, selon l'INSP, chiffres arrêtés à mardi 28 octobre 2026.
- Taux de létalité proche de 50% ; l'épidémie s'étend à huit provinces congolaises.
- Un cas signalé au Nigeria chez une Suissesse de 42 ans liée à l'ambassade suisse à Abuja.
- Aucun vaccin homologué contre la souche Bundibugyo ; un essai clinique du vaccin Ervebo est en cours.
Questions fréquentes
Quelle est la souche responsable de l'épidémie d'Ebola en RDC ?
Il s'agit de la souche Bundibugyo du virus à maladie Ebola, contre laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologués.
Combien de morts l'épidémie actuelle a-t-elle causés ?
4'887 décès sur 10'060 cas contaminés en RDC, selon l'Institut national de santé publique congolais, soit un taux de létalité proche de 50%.
Y a-t-il un risque pour la Suisse ?
Un cas a été signalé au Nigeria chez une Suissesse de 42 ans, épouse d'un employé de l'ambassade suisse à Abuja, ce qui montre que le virus peut toucher des ressortissants helvétiques, même si aucun cas n'a été détecté sur le sol suisse.
