Quatre tubes qui ont fait danser l'été, de Procol Harum à Ricchi e Poveri
L'été est une saison qui, en Suisse comme ailleurs, rime souvent avec musique et souvenirs. La chronique Suisse Good de la RTS a revisité les tubes qui ont marqué les étés de 1967 à 2019. Une plongée dans la nostalgie, entre slows langoureux et rythmes disco, qui nous rappelle que la chanson populaire est aussi un miroir de son époque. Voici quatre morceaux sur lesquels vous avez forcément dansé.
1967 : 'A Whiter Shade of Pale' de Procol Harum, le slow psychédélique
En 1967, le Summer of Love bat son plein. Les hippies prônent l'amour libre et la paix, et la musique s'en fait l'écho. Procol Harum, groupe britannique, sort 'A Whiter Shade of Pale', un slow teinté de psychédélisme. La mélodie d'orgue, librement inspirée de Jean-Sébastien Bach, en fait un succès planétaire : plus de dix millions d'exemplaires vendus. Un classique qui, aujourd'hui encore, évoque les premiers émois adolescents.
1975 : 'L'été indien' de Joe Dassin, une affaire de timing
En 1975, Joe Dassin règne sur les hit-parades francophones. 'L'été indien' est un slow langoureux qui évoque une saison « qui n'existe que dans le nord de l'Amérique ». Pourtant, la chanson est d'abord italienne : 'Africa' du groupe Albatros, composée par Toto Cutugno. Ce dernier voulait que Claude François l'interprète. Mais Cloclo, qui devait donner sa réponse avant midi, a fait la grasse matinée. Personne n'a osé le réveiller. Joe Dassin en a profité pour en faire un tube mondial, décliné en anglais, en allemand et même en italien. Près de trois millions d'exemplaires vendus. Une leçon de pragmatisme.
1978 : 'Born To Be Alive' de Patrick Hernandez, le jackpot helvétique
La fin des années 1970 est marquée par la fièvre disco. 'La fièvre du samedi soir' a conquis les cinémas. Et contre toute attente, l'un des plus grands tubes du genre vient de France. Patrick Hernandez, chanteur pop-rock à la carrière balbutiante, réenregistre une de ses chansons en version disco. 'Born To Be Alive' devient la bande-son de l'été 1978, trustant les sommets des hit-parades de l'Italie à l'Australie. Vingt millions d'exemplaires vendus. Mais le génie de Hernandez est ailleurs : il détient l'entier des droits sur sa chanson (auteur, compositeur, interprète, éditeur et producteur). Il a pu prendre sa retraite quasiment dans la foulée, vivant de ses droits d'auteur, entre 800 et 1500 francs par jour. Un modèle d'indépendance économique qui ferait rêver plus d'un artiste.
1981 : 'Sara perché ti amo' de Ricchi e Poveri, l'été italien
1981 est une année contrastée : mariage du Prince Charles et de Lady Diana, élection de François Mitterrand, attentat contre le pape Jean-Paul II. Mais à San Remo, en février, le festival de la chanson italienne offre une bouffée de légèreté. Ricchi e Poveri, groupe pop, se classe cinquième avec 'Sara perché ti amo'. Le titre conquiert toute l'Europe, de la Suisse à l'Autriche, en passant par l'Espagne et la Hongrie. En France, il se vend à plus d'un million d'exemplaires. Une reprise en français par Karen Cheryl, 'Les nouveaux romantiques', et une apparition dans le film 'L'effrontée' de Claude Miller (1985) en font un classique intemporel. La preuve que la pop italienne, souvent légère, peut traverser les décennies.
Adaptation web : ld
Une proposition de Christophe Schenk à découvrir sur RTS La Première dans l'émission 6-10 Le samedi, du 4 juillet au 22 août 2026.