L'été 2026 restera dans les annales météorologiques suisses
Les chiffres de MétéoSuisse sont sans appel : l'été 2026 a été le plus caniculaire jamais enregistré en Suisse, avec des vagues de chaleur d'une durée et d'une intensité inédites. À Sion, le thermomètre a dépassé les 30°C à 54 reprises entre juin et août, soit plus de la moitié des jours de la saison estivale.
Ce constat, confirmé par Isabelle Fath, prévisionniste chez MétéoSuisse, marque un tournant dans la perception du réchauffement climatique en Suisse. « En termes de durée des canicules, l'été 2026 a été le pire que la Suisse ait jamais connu », affirme-t-elle.
Des écarts vertigineux par rapport aux moyennes historiques
La comparaison avec les moyennes des trente dernières années révèle l'ampleur du phénomène. À Neuchâtel, le nombre de jours tropicaux attendus entre avril et septembre s'élève normalement à dix. Cette année, la ville en a compté 57, soit une hausse de 470 %. Genève a enregistré 53 jours caniculaires contre 18 en moyenne, Pully 44 au lieu de 7, et Sion 62 à la place de 21.
Ces données confirment une tendance lourde, comme le souligne Isabelle Fath : « De manière générale, le changement climatique fait augmenter le nombre de canicules, ainsi que leur durée et leur intensité. »
Les régions de montagne particulièrement touchées
Les localités situées au-dessus de 1000 mètres d'altitude ont connu des écarts encore plus marqués. Château-d'Œx a enregistré 26 jours tropicaux, La Chaux-de-Fonds 14 et La Brévine 11, alors que la moyenne historique oscille entre une et deux journées caniculaires par an. L'écart dépasse ainsi 1000 % dans certaines régions alpines.
« La température augmente plus vite en montagne qu'en plaine, explique la prévisionniste. Cela s'explique par la diminution de l'enneigement, qui réduit la réflexion du rayonnement solaire. Les sols plus sombres absorbent davantage la chaleur. »
Une saison caniculaire qui s'étend au-delà de l'été
Autre particularité de 2026 : la première vague de chaleur a frappé avant le début de l'été. Sion a connu huit journées tropicales en mai, Neuchâtel cinq, et des températures supérieures à 30°C ont encore été observées début septembre. En 2003, année de référence, les journées caniculaires s'étaient limitées aux mois de juin à août.
Quel avenir pour les étés suisses ?
Interrogée sur la possibilité de voir des étés aussi extrêmes se reproduire, Isabelle Fath apporte une réponse nuancée. « Normalement, les températures devraient changer tous les trois à cinq jours : un épisode de chaleur devrait être suivi par des précipitations, qui devraient à leur tour céder la place au soleil. Or, cette année, nous n'avons pratiquement pas connu cette variabilité. »
La prévisionniste attribue ce phénomène au changement climatique : « À cause du réchauffement, les situations météorologiques sont souvent bloquées. » Une observation qui interpelle quant à la capacité du pays à s'adapter à ces nouvelles conditions, alors que les enjeux écologiques et économiques se font de plus en plus pressants.