Frappes sur Saint-Pétersbourg, Kiev nie perdre Kostiantynivka
L'Ukraine a mené une vaste offensive de drones et de missiles sur la Russie, ciblant notamment Saint-Pétersbourg en représailles aux bombardements meurtriers sur Kiev. Parallèlement, les forces ukrainiennes démentent formellement la chute de Kostiantynivka, ville stratégique de la région de Donetsk, contredisant les déclarations triomphalistes de Moscou.
Quelle est l'ampleur des frappes ukrainiennes sur le territoire russe ?
L'armée russe affirme avoir abattu 494 drones et 10 missiles longue-portée « Flamingo » ainsi que 9 munitions de lance-roquettes multiples HIMARS fournis par Washington. Selon les autorités russes, ces bombardements n'ont causé ni victimes ni dégâts majeurs, une assertion à prendre avec la prudence qui s'impose face aux communiqués habituels du Kremlin.
Le ministère russe de la Défense promet des représailles, accusant le président ukrainien Volodymyr Zelensky de cibler des infrastructures civiles. Une rhétorique bien commode pour Moscou, qui bombarde sans relâche les villes ukrainiennes depuis février 2022. Environ 70 drones ont été neutralisés au-dessus de Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine. Un drone a touché la zone d'un terminal pétrolier, causant des problèmes « techniques » rapidement résolus selon le gouverneur Alexandre Beglov. Les frappes ont également provoqué des coupures d'électricité et d'eau dans la région frontalière de Belgorod.
De son côté, Volodymyr Zelensky a déclaré que la base navale de Kronstadt à Saint-Pétersbourg, « une cible militaire importante », avait été touchée. L'agence russe de l'aviation civile a d'ailleurs confirmé la fermeture temporaire de trois aéroports dans le nord-ouest du pays, à Kaliningrad, Pskov et Saint-Pétersbourg.
Pourquoi Kostiantynivka reste-t-elle un enjeu stratégique ?
Sur le terrain, la ligne de front est restée largement inchangée en juin. L'analyse des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) révèle même une perte d'élan des troupes russes ces derniers mois. Pour masquer cette stagnation, Moscou s'acharne sur Kostiantynivka, dans la région de Donetsk. Cette cité constitue l'un des derniers verrous protégeant les grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, toujours sous contrôle ukrainien.
Samedi, le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Kovaliov, a formellement démenti la chute de Kostiantynivka, annoncée la veille par Moscou. « Les soldats ukrainiens continuent de tenir leurs positions le long des lignes de défense établies. La situation reste difficile mais elle est sous le contrôle des Forces de défense ukrainiennes », a-t-il précisé. En face, le général Sergueï Roudskoï, adjoint du chef de l'état-major russe, a soutenu que les troupes du Kremlin se trouvaient « dans toutes les parties » de la ville et poursuivaient leur offensive vers Droujkivka. Deux versions radicalement opposées, où la propagande russe tente de masquer l'absence de percée décisive.
Comment s'inscrivent ces attaques dans la logique de représailles ?
Cette escalade ukrainienne en profondeur répond directement aux bombardements russes qui endeuillent le territoire. Cette semaine, une attaque russe sur Kiev a fait 30 morts. Vendredi soir, un nouveau bombardement sur Soumy, dans le nord-est de l'Ukraine, a coûté la vie à au moins 4 personnes et en a blessé 33 autres. En frappant le cœur du dispositif russe, Kiev envoie un message clair sur sa capacité de résistance face à l'agression autoritaire.
La base navale de Kronstadt a-t-elle été touchée ?
Oui, selon les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky. La base navale de Kronstadt, située à Saint-Pétersbourg, a été identifiée comme une cible militaire importante touchée par les frappes ukrainiennes. Moscou n'a pas confirmé ce point précis, préférant évoquer des dommages sur des infrastructures civiles.
Quelle est la situation humanitaire suite aux récentes frappes ?
Les autorités russes ne rapportent aucune victime sur leur sol, bien que des coupures d'eau et d'électricité aient été signalées à Belgorod. En Ukraine, la situation reste critique. L'attaque de vendredi sur Soumy a fait au moins 4 morts et 33 blessés, s'ajoutant aux 30 victimes décédées lors de la frappe sur Kiev plus tôt dans la semaine.