Électricité : le rachat dynamique dès 2027 bouscule les petits producteurs
Dès le 1er janvier 2027, le prix de rachat de l'électricité variera toutes les quinze minutes en fonction des cours du marché. Une révolution pour les petits producteurs, qui pourraient parfois devoir payer pour injecter leur courant lorsque le réseau sature. Face à cette évolution, l'autoconsommation devient la clé de voûte de la rentabilité.
Un décompte affiné au quart d'heure
Fini le temps où les distributeurs rachetaient le courant sur la base d'une moyenne trimestrielle. Dès 2027, le décompte, toujours effectué quatre fois par an, reflétera précisément la valeur de l'électricité à chaque quart d'heure. Ainsi, lors d'une journée ensoleillée d'août, le kilowattheure perdra de sa valeur en pleine journée, quand le soleil abonde, pour devenir plus cher tôt le matin et en fin de journée, lorsque la production solaire se fait rare.
Les heures de pointe, comme midi, où les cuisinières et autres appareils fonctionnent à plein régime, verront les prix grimper. À l'inverse, lorsque le réseau sature, les prix pourraient devenir négatifs. Dans ce scénario, les producteurs devront payer pour injecter leur électricité excédentaire sur le marché.
Le sentiment d'avoir été floué
Cette évolution suscite l'incompréhension chez certains petits producteurs. « Nous avons installé 30 panneaux solaires sur notre toit en 2020, avec des promesses de rentabilité dans les 15 à 20 ans. J'ai l'impression de passer un peu pour un pigeon par rapport à ces nouveaux prix de l'électricité », confie l'un d'eux, interrogé par On en parle.
Romande Energie, contactée par l'émission, répond à ces inquiétudes : « Nous comprenons que l'évolution des prix de reprise puisse susciter des interrogations, en particulier chez les propriétaires d'installations qui ont investi il y a plusieurs années. » L'entreprise rappelle que « chaque kilowattheure autoconsommé est un kilowattheure qui n'a pas besoin d'être acheté au réseau, ce qui constitue depuis toujours le principal levier de rentabilisation d'une installation solaire ».
Des rémunérations stables à long terme ?
Selon Romande Energie, les petits producteurs ne devraient pas sortir perdants de cette réforme. « Les analyses que nous avons réalisées montrent d'ailleurs que, pour un producteur en villa avec un profil standard sans batterie, le futur modèle de rémunération au quart d'heure conduit en moyenne à des niveaux de rémunération qui restent ceux des valeurs historiques observées sur le long terme, soit de l'ordre de 8 centimes le kilowattheure », assure l'entreprise.
Récompenser les comportements vertueux
Pour l'Association des entreprises électriques suisses, « les nouvelles règles créent des incitations supplémentaires à consommer ou à stocker l'électricité lorsque le prix du marché au quart d'heure est négatif. Si les possibilités d'autoconsommation sont déjà pleinement exploitées, l'exploitant peut réduire la production de son installation ou la mettre à l'arrêt pendant ces quarts d'heure. Il évite ainsi les prix négatifs ».
Cette flexibilité peut s'avérer bénéfique pour les propriétaires joueurs, qui pourront investir dans un système de gestion connecté à internet, à environ 1000 francs, ou dans une batterie pour plusieurs milliers de francs. Diego Fischer, membre du comité de l'Association des producteurs d'énergie indépendants (VeSe), conseille toutefois d'attendre avant de s'équiper : « Peut-être que ces tarifs négatifs vont disparaître tout seuls. Il suffit que quelques grands producteurs avec de très grosses installations arrêtent d'injecter à ces heures et cela va stabiliser le marché. »
Des alternatives pour les producteurs
Enfin, il est également possible de vendre son électricité à son voisin, voire dans son quartier ou sa commune. Une assurance pour les petites installations existe aussi, sous la forme d'un système de prime lorsque le kilowattheure moyen est en dessous de 6 centimes.