Buanderies communes: droits et devoirs des locataires suisses
Une enquête menée par l'émission On en parle de la RTS révèle les pratiques contrastées en matière de buanderies communes, cette spécificité helvétique qui soulève parfois des questions juridiques complexes.
Des horaires contraignants pour la moitié des locataires
Selon cette étude participative auprès d'une cinquantaine d'auditeurs, 50% des locataires doivent respecter des créneaux horaires imposés, généralement limités à une demi-journée. L'autre moitié bénéficie d'un accès libre, avec parfois un système de réservation sur calendrier papier.
Certains locataires ne peuvent utiliser les machines qu'une fois tous les quinze jours. Cette pratique, bien que contraignante, demeure parfaitement légale. Carole Wahlen, avocate spécialiste du droit immobilier et présidente de l'Asloca Vaud, précise: "Les règles et usages locatifs prévoient qu'en principe, on devrait pouvoir utiliser la machine à laver au moins une fois tous les quinze jours."
Tarification variable selon les immeubles
L'enquête révèle une disparité notable dans la facturation. Tandis que 20% des locataires bénéficient d'un service gratuit inclus dans les charges, les autres paient entre 30 centimes et 3 francs par machine à 40 degrés, avec une moyenne de 1,55 franc.
La transparence financière constitue un enjeu crucial. Les recettes générées reviennent soit à la régie, soit à l'entreprise fournissant les équipements. Carole Wahlen recommande une vigilance particulière: "Le prix de ces lessives ne peut pas être facturé deux fois aux locataires. Le bailleur doit déduire les bénéfices de la buanderie des montants de frais accessoires."
Sources de conflits et règles d'usage
La buanderie commune génère parfois des tensions entre voisins ou avec la régie. Les griefs portent notamment sur les conditions d'hygiène, l'efficacité des machines ou le respect des horaires.
Concernant l'interdiction dominicale fréquemment observée, l'experte nuance: "À moins que cela ne dérange les autres voisins à cause du bruit, je ne vois absolument pas d'opposition à ce qu'on fasse la lessive le dimanche. Si on l'interdit juste pour le plaisir d'interdire, cela ne fait pas sens."
Cette enquête souligne l'importance d'un cadre réglementaire clair, inscrit dans le règlement d'immeuble, pour préserver l'équilibre entre droits individuels et vie collective dans l'habitat locatif suisse.