Vaud suspend le prêt de fusils militaires aux abbayes : une décision qui fâche
Cet été, les abbayes vaudoises doivent se passer des fusils militaires prêtés par l'armée. Une décision du Service de la sécurité civile et militaire, prise début juin, a mis fin à une pratique vieille de plusieurs décennies. À Cuarnens, l'Abbaye des Fusiliers, qui attendait cinq armes pour son week-end, a dû se réorganiser en catastrophe. Sur environ 200 membres, seuls un tiers possèdent encore un fusil. La même situation s'est produite à Burtigny, où une fête de tir était également prévue.
Pour Yann Delacrétaz, membre de l'Abbaye de Cuarnens, c'est un coup dur. Les organisateurs ont été pris au dépourvu. Une députée de droite a tenté d'obtenir une dérogation auprès du Conseil d'État, mais les autorités n'ont pas cédé. Le canton invoque un problème juridique : un nouveau collaborateur a découvert que le prêt des fusils d'assaut Fass 90 ne reposait sur aucune base légale suffisante. Une analyse juridique a confirmé l'absence de fondement.
Pourquoi cette décision a-t-elle été prise ?
Le canton de Vaud estime qu'il est de sa responsabilité de prévenir les risques plutôt que d'attendre un incident. Moins de vingt abbayes sur environ 170 sont concernées par des commandes d'armes non honorées. Les organisateurs comprennent la logique sur le fond, mais déplorent un mauvais timing et un flou persistant. Ils doivent désormais se débrouiller avec des prêts entre membres ou auprès de propriétaires privés, sans savoir si cela respecte le cadre légal.
Un retour possible à l'avenir ?
Des discussions sont en cours pour l'année prochaine. Selon la RTS, un permis d'acquisition d'armes pourrait être exigé, et les fusils seraient bridés, sans mode automatique. Le canton ne confirme rien pour l'instant. Aucune décision n'a été prise sur le nombre, le type ou le financement. Les réponses sont attendues le 26 juillet, lors de l'assemblée générale des délégués des abbayes vaudoises.
Cette affaire illustre les tensions entre traditions locales et exigences juridiques. Le modèle suisse, fondé sur la démocratie directe et le respect du droit, se heurte ici à une pratique séculaire. La question reste ouverte : comment concilier héritage culturel et sécurité publique ?