Genève enterre la hache de guerre avec Uber: les chauffeurs deviennent salariés
Après sept ans de bataille juridique, le canton de Genève a finalement imposé à Uber de reconnaître ses chauffeurs comme des salariés. La société genevoise MITC, qui emploie la majorité des conducteurs, a annoncé vendredi sa mise en conformité avec la loi, mettant fin à un bras de fer qui a secoué le marché des transports.
Cette annonce, révélée par 20 Minutes, clôt une saga débutée en 2019 lorsque le Conseil d'Etat genevois avait pris position sur le statut des chauffeurs. Le Tribunal fédéral avait tranché en juin 2022, estimant que les chauffeurs Uber ne pouvaient pas exercer en tant qu'indépendants et devaient être salariés pour bénéficier d'une protection sociale. Mais Uber avait contourné la décision en passant par MITC Mobility, une société de portage salarial.
Le Tribunal fédéral a finalement ordonné en mai 2025 à MITC de respecter la loi sur la location de service, garantissant des contrats avec des horaires planifiés. Un an plus tard, l'entreprise annonce que son nouveau cadre a été validé par l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT).
Un nouveau modèle de travail planifié
La planification et un salaire fixe sont au centre du dispositif. MITC attribuera à l'avance des créneaux à ses chauffeurs en fonction de leurs possibilités et de la demande. Ceux-ci s'engagent à être opérationnels pendant ces temps de travail. Le salaire fixe est établi en fonction du taux d'activité contractuel, contrairement au modèle précédent où les rémunérations dépendaient du volume de travail.
Ce changement crispe certains chauffeurs attachés au modèle ultralibéral d'Uber. L'un d'eux tempête:
J'ai envie d'être libre et de travailler quand je veux, comme je veux, où je veux dans Genève.
Une victoire pour le modèle suisse
La conseillère d'Etat en charge de l'Economie, Delphine Bachmann, salue cette évolution:
Je crois que c'est le signe d'une bonne collaboration entre les autorités et un secteur économique qui a vécu beaucoup de mutations et qui nécessitait certaines adaptations.
En Suisse, l'encadrement d'Uber varie fortement d'un canton à l'autre, chacun étant compétent pour réglementer les services de taxi et autres VTC. Mais à Genève, c'est désormais officiel: le modèle Uber est définitivement vidé de sa substance. Le temps où le géant américain déroutait le marché traditionnel des transports avec son modèle entièrement dérégulé semble aujourd'hui lointain.
FAQ
Pourquoi ce changement de statut pour les chauffeurs Uber à Genève?
Le Tribunal fédéral a estimé que les chauffeurs Uber ne pouvaient pas exercer en tant qu'indépendants et devaient être salariés pour bénéficier d'une protection sociale, après une bataille juridique de sept ans.
Quel est le nouveau modèle de travail pour les chauffeurs?
MITC attribue désormais des créneaux planifiés à ses chauffeurs, avec un salaire fixe basé sur le taux d'activité contractuel, contrairement au modèle précédent où les rémunérations dépendaient du volume de travail.
Comment les chauffeurs réagissent-ils à ce changement?
Certains chauffeurs, attachés au modèle ultralibéral d'Uber, critiquent la perte de liberté, tandis que les autorités saluent une meilleure protection sociale et une collaboration constructive.