Steven Lang, l'ailier qui n'a jamais eu froid aux yeux
Six ans après avoir raccroché les crampons, Steven Lang, bientôt 39 ans, se confie sans détour. L'ancien joueur de Neuchâtel Xamax, Lausanne, Grasshopper, Saint-Gall ou Servette, devenu agent de joueurs, revient sur une carrière riche en anecdotes. De sa fameuse Panenka face à Fabien Barthez à ses relations avec les entraîneurs, l'ancien ailier offre un regard lucide et sans concession sur le football suisse.
La Panenka qui a déclenché la colère de Barthez
Lors de sa dernière saison à Nantes, Steven Lang se souvient d'un exercice d'opposition entre titulaires et remplaçants au Stade de La Beaujoire. Obtenant un penalty en fin de match, le jeune joueur décide de tenter une Panenka face au champion du monde 1998. Le ballon file au-dessus de la barre. La réaction de Fabien Barthez ne se fait pas attendre.
«Je suis champion du monde et champion d'Europe, donc tu ne me fais plus jamais ça», m'a-t-il lancé avant de m'insulter. Il considérait mon geste comme de l'insolence, alors que j'étais seulement insouciant.
L'ancien ailier décrit un Barthez «grand pro, mais pas vraiment un mec sympa», qui «détestait les jeunes». Une expérience formatrice pour celui qui n'avait alors que 21 ans.
Un regard critique sur le football suisse actuel
L'ancien joueur de Super League observe avec une certaine nostalgie l'évolution du football helvétique. Selon lui, les derbies ont perdu de leur superbe. «Sans vouloir jouer les vieux cons, j'ai le sentiment que cette notion a disparu aujourd'hui. Les derbies, en Suisse, ne représentent plus grand-chose. Aujourd'hui, les jeunes ne s'identifient plus vraiment à Servette, Lausanne, Sion, GC ou Zurich. Eux, depuis gamins, ne rêvent que du Barça, du Real, du Bayern», regrette-t-il.
Murat Yakin, le «must du must»
Interrogé sur l'entraîneur qui l'a le plus marqué, Steven Lang n'hésite pas une seconde. Si Gérard Castella, qu'il qualifie de «mec en or», a joué un rôle déterminant dans son retour en Suisse, c'est bien Murat Yakin qui l'a le plus impressionné. «Il n'y a pas photo; il était une classe au-dessus de tous les autres. C'était le must du must», affirme-t-il.
Josef Zinnbauer, le pire souvenir
À l'inverse, l'ancien ailier garde un souvenir exécrable de Josef Zinnbauer, son entraîneur à Saint-Gall. «Lui, honnêtement, c'était un fou! Il était tout simplement scandaleux. Il criait tout le temps, il cherchait en permanence à provoquer ses joueurs, à se les mettre à dos. Et forcément, quiconque lui répondait finissait