Amélie Nothomb sonde l'adolescence à plumes dans son 35e roman
La romancière belge Amélie Nothomb publie son trente-cinquième roman, L'adolescence du perroquet, aux éditions Albin Michel. L'ouvrage, attendu en librairie dès août 2026, se présente comme un huis clos entre un chroniqueur radio célibataire et un perroquet Gris du Gabon dont l'adolescence va bouleverser une existence bien réglée.
Un huis clos entre un homme et son perroquet
Alban, le narrateur, est orphelin et chroniqueur radio. Il vit seul, passionnément amoureux du Louvre, jusqu'au jour où il recueille clandestinement Jo, un bébé Gris du Gabon. L'oiseau, doté d'une intelligence remarquable pour reproduire les sons, grandit sous son toit. Mais l'adolescence de ce volatile, qui peut vivre cent ans, s'annonce particulièrement mouvementée. Agressif, jaloux, imprévisible, Jo supporte mal les absences d'Alban.
« L'amour n'est pas un dû », écrit Amélie Nothomb en quatrième de couverture. La relation entre l'homme et l'oiseau est d'abord une histoire de sentiments et de rapports de domination. « C'est une histoire d'amour parce que le narrateur se prend d'une folle passion pour cet oiseau, d'une passion parentale. Il est à la fois son père et sa mère », explique la romancière dans l'émission Vertigo du 28 septembre. « Mais cette passion tourne mal, puisque dès l'âge de cinq ans, le perroquet commence son adolescence. Cet animal vit 100 ans, dont quinze ans d'adolescence violente. »
Une inspiration puisée dans l'observation
Sans ordinateur ni téléphone portable, Amélie Nothomb s'est inspirée d'un perroquet observé chez une connaissance. « Je me suis renseignée sur place en observant ce perroquet et en posant beaucoup de questions à sa patronne, qui est une femme énergique qui parvient à tenir tête à son perroquet. Son animal est aussi pervers que celui que je décris dans mon livre », affirme cette passionnée d'ornithologie.
Un roman sur la parentalité
Sous couvert de fable animalière, L'adolescence du perroquet interroge la parentalité contemporaine. « Je suis fascinée par la parentalité. Je ne suis pas parente et je ne le serai pas. Mais il m'est arrivé plus d'une fois d'avoir des coups de foudre de parentalité, extrêmement improbables, pour des gens qui n'avaient pas l'âge d'être mes enfants, ou pour des êtres d'une espèce qui n'était pas la bonne pour être mes enfants », confie l'écrivaine. « La parentalité aujourd'hui, c'est peut-être la prise de risque ultime. »
Le langage comme enjeu central
La question du langage est naturellement au cœur du roman. Le Gris du Gabon, très doué pour apprendre à parler, intègre silencieusement du vocabulaire. Alban, qui gagne sa vie en parlant, s'imagine trouver en Jo un interlocuteur parfait. Jusqu'à ce que tout se retourne contre lui.
« On pense que le perroquet ne comprend pas ce qu'il dit. Je suis persuadée du contraire. Pour avoir beaucoup fréquenté un Gris du Gabon, je peux vous assurer qu'il sait ce qu'il dit et qu'il le dit à bon escient, avec une extrême perversité. Il sait exactement quand cela va faire de l'effet, quand cela va vous nuire ou quand cela va vous faire rire », assure Amélie Nothomb. À l'image d'un véritable adolescent.
Amélie Nothomb, L'adolescence du perroquet, éditions Albin Michel, août 2026.
Propos recueillis par Anne Laure Gannac, adaptation web par Melissa Härtel.