Sécheresse et chaleur: l’agriculture suisse sous pression
Entre les vagues de chaleur et la sécheresse persistante, l’été 2026 s’annonce périlleux pour les arboriculteurs et les maraîchers suisses. Des poiriers qui sèchent sur pied aux légumes qui exigent des arrosages intensifs, le secteur agricole helvétique subit de plein fouet les caprices du climat. Michel Darbellay, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans (USP), dresse un constat sans complaisance.
Quels sont les dégâts visibles dans les vergers?
À Founex, dans le canton de Vaud, le producteur fruitier Cédric Kilchherr a vu les feuilles d’une partie de ses poiriers brunir après les fortes chaleurs de fin juin. «On a ce qui s’appelle du folletage», explique-t-il. «Les feuilles sèchent, elles sont toutes brunes et finalement, la plante ne produit plus suffisamment de photosynthèse pour nourrir les fruits. Les fruits seront trop petits et certainement pas assez mûrs.» Sur ses quinze hectares de vergers, seul un hectare est touché pour l’instant. Mais l’équipe irrigue quotidiennement et applique un poudrage d’argile sur les feuilles, «un peu comme de la crème solaire pour protéger les arbres», en prévision de la prochaine canicule.
Le Seeland, plus grand potager de Suisse, sous tension
Dans le Seeland, le plus grand potager du pays, les maraîchers utilisent nettement plus d’eau que les années précédentes. «Toutes les cultures souffrent», témoigne Thomas Wyssa, maraîcher à Galmiz (Fribourg). Les extrémités des feuilles d’oignons nouveaux sont brûlées par le soleil, les rendant vulnérables aux bactéries. Les épinards ont presque entièrement dépéri. Malgré ces signaux alarmants, les pertes restent limitées après les deux premières canicules, et les lacs devraient garantir l’approvisionnement en eau jusqu’à fin août.
Quelles cultures sont les plus touchées?
Michel Darbellay dresse un bilan sans appel: «Actuellement, l’ensemble de la production végétale souffre du sec et des fortes chaleurs: les céréales, les betteraves, la pomme de terre, les légumes. Surtout, les cultures fourragères sont carrément jaunes. Aujourd’hui, il n’y a plus rien qui pousse.» Le blé, à un stade décisif pour le remplissage des grains, verra ses rendements affectés. La pomme de terre, particulièrement vulnérable, est aussi en première ligne.
Quel impact sur le bétail et les coûts?
Le bétail souffre également. «Les conséquences de la chaleur sont fortes», alerte Darbellay. Les agriculteurs investissent dans la ventilation et la brumisation pour améliorer le climat des étables. «C’est prématuré pour faire un bilan national», précise-t-il. «Mais on sait que les rendements seront en baisse et les coûts de production en hausse. L’irrigation et le recours au fourrage hivernal pèsent sur la trésorerie des exploitations.»
FAQ: Questions fréquentes sur la sécheresse agricole
Quelles sont les causes principales des dégâts?
Les vagues de chaleur successives et le manque de précipitations provoquent un stress hydrique sévère sur les cultures, limitant la photosynthèse et la croissance.
Y a-t-il un risque de pénurie alimentaire?
Non, mais les rendements seront inférieurs à la moyenne, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix pour certains produits comme le blé et la pomme de terre.
Comment les agriculteurs s’adaptent-ils?
Ils irriguent davantage, utilisent des protections physiques comme l’argile sur les feuilles, et améliorent le bien-être animal par la ventilation et la brumisation.
Photo: rts.ch