Paris : policier condamné pour menaces armées après le PSG
Menaces armées et état d'ivresse
Les comparutions immédiates se succèdent à Paris suite aux débordements survenus après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Parmi les prévenus jugés mardi figurait un policier hors service, condamné à une peine de prison ferme pour des violences avec arme.
Erwan M., 27 ans, a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont quatorze mois ferme. Les faits remontent à la nuit des célébrations. Selon les éléments de l'audience, le fonctionnaire, alors en état d'ébriété, a sorti son arme de service et a menacé deux automobilistes qui circulaient avec des drapeaux du PSG.
Les deux victimes, Brandon et Redda, ont témoigné avoir vécu une scène d'une grande violence. Le policier se serait placé devant leur véhicule avant de braquer son arme sur eux, leur ordonnant de couper le moteur.
Il a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans brassard. Il a braqué mon ami au volant en lui disant de couper le contact, avec des insultes et la menace de tirer.
À la sortie du tribunal, les deux hommes étaient encore sous le choc. Ils ont déclaré avoir cru qu'ils allaient mourir.
Allégations racistes et amnésie sélective
À la barre, le policier a affirmé ne garder aucun souvenir des faits en raison de son ivresse. Il s'est contenté de reconnaître qu'il était ivre.
Les victimes ont également dénoncé des propos à caractère raciste lors de l'altercation, rapportant des injures telles que des admonestations à rentrer chez eux. Le policier a contesté ces accusations, assurant avoir un ami arabe. Le tribunal n'a toutefois pas été convaincu par cette ligne de défense et a prononcé la peine de prison ferme.
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) poursuit ses investigations. Le fonctionnaire risque des sanctions disciplinaires et une interdiction définitive d'exercer sa profession. Pour les victimes, cette condamnation est un signal fort et un soulagement pour la société.
Bavures policières et exigence de transparence
Cette affaire intervient dans un contexte tendu. Les violences post-victoire du PSG font l'objet de plusieurs enquêtes visant les forces de l'ordre. À Bobigny, un adolescent de 13 ans a perdu l'usage d'un œil après avoir été touché par un projectile. Selon le député Aly Diouara, qui a saisi le procureur, la blessure pourrait résulter d'un tir de lanceur de balles de défense (LBD) effectué depuis un véhicule policier. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le jeune grièvement blessé au visage. Sa famille a l'intention de déposer plainte.
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, a assuré à l'Assemblée nationale que toute la lumière serait faite sur cette affaire. L'IGPN a été saisie.
Une seconde enquête de l'IGPN, rapportée par plusieurs médias français, concerne un adolescent de 14 ans gravement blessé à un œil à Fontenay-sous-Bois le même soir. Le jeune attribue également sa blessure à un tir policier de LBD.
Ces incidents soulèvent des questions fondamentales sur l'usage de la force par l'État et le contrôle des monopoles de la violence légitime. Dans une démocratie libérale, le maintien de l'ordre ne saurait se soustraire aux principes de transparence et de stricte imputabilité. La confiance dans les institutions repose sur la capacité de l'État à sanctionner les dérives de ses propres agents, garantissant ainsi le respect des droits individuels face aux abus d'autorité.