Mondial 2026 : le football canadien peine à convaincre en Romandie
Alors que le Canada accueille la Coupe du monde de football, l'engouement pour le soccer reste timide chez les expatriés nord-américains établis en Suisse romande. Reportage aux Gosses du Québec, établissement habituellement dédié au hockey sur glace.
Un fervoir qui reste à construire
Au sein des Gosses du Québec, lieu de rassemblement incontournable pour les amateurs de hockey de la région, l'ambiance est inhabituelle. Le patron de l'établissement constate l'absence de ferveur pour ce match de la Coupe du monde.
Il est vrai qu'il n'y a qu'une table avec des Canadiens pour ce match. Mais peut-être que ça va arriver, avec le beau temps, les gens viennent plus tard.Ce dernier a d'ailleurs prévu retourner promptement à Montréal pour suivre la suite de la compétition, privilégiant l'ambiance de la métropole québécoise aux retransmissions locales. Cette étape de notre tour des communautés romandes met en lumière un décalage culturel persistant.
Un point historique, un intérêt limité
Le Canada a pourtant inscrit son tout premier point dans l'histoire de la Coupe du monde grâce à un match nul (1-1), ainsi que son deuxième but. Malgré ce moment historique pour le soccer canadien, l'ambiance dans l'établissement est restée mesurée. Les clients présents ont davantage privilégié les parties de billard et les discussions, ne jetant qu'un œil distrait aux écrans. La méconnaissance même de la compétition par certains clients souligne le chemin qu'il reste à parcourir pour le football canadien. Seules quelques personnes ont entonné l'hymne national à la suite de la performance d'Alanis Morissette, bien que la tradition des célébrations sportives locales semblait absente.
Le poids de la culture sportive nord-américaine
Le contraste avec le hockey est saisissant. Un Torontois croisé sur place témoigne de ce clivage.
Nous étions venus aux Gosses pour voir du hockey et c'était bondé. Nous n'avions même pas réussi à entrer. Mais vous savez, chez nous, le soccer, ce n'est pas ça.Son épouse portait d'ailleurs un maillot de l'équipe nationale canadienne, mais en baseball, illustrant parfaitement la hiérarchie des sports nord-américains. Cette scène rappelle que la culture sportive s'ancre dans des traditions difficiles à déloger.
Une croissance économique et démographique en décalage
Les chiffres de la Major League Soccer (MLS) témoignent cependant d'une évolution du marché. Le Toronto FC, qui accueillait ce troisième match du Mondial, affiche une affluence moyenne de 19'331 spectateurs en saison régulière. Le club a même atteint un pic de 44'828 spectateurs lors de la récente visite de l'Inter Miami de Lionel Messi. Si le soccer demeure le sport connaissant la croissance la plus rapide au Canada, en particulier chez les jeunes, cette dynamique démographique et économique ne s'est pas encore traduite par une culture du football mature à l'international. Le décalage observé ce samedi en Romandie en est une illustration frappante.