Lausanne-Sport : Stéphane Henchoz dresse le bilan contrasté d'un premier tour éprouvant
Entre succès européen et déception domestique, le directeur sportif du Lausanne-Sport livre une analyse nuancée de la première partie de saison. Un exercice de transparence qui révèle les défis d'un club suisse face aux exigences du football moderne.
L'Europe comme consolation, le championnat comme préoccupation
Stéphane Henchoz ne mâche pas ses mots : "L'aventure européenne est une réussite et elle va continuer. C'est un grand point positif. Mais le 'bread and butter', comme disent les Anglais, le pain quotidien, c'est le championnat." Cette distinction claire illustre parfaitement le dilemme vaudois.
Les play-off de Conference League, marqués par des performances mémorables contre Besiktas et la Fiorentina, contrastent avec une élimination précoce en Coupe de Suisse à Yverdon et un retard de six points sur le top 6 en Super League. Un écart que le directeur sportif attribue à quelques matches cruciaux : "Il nous manque quatre points, je pense. Et avec eux, on serait bien."
La gestion de l'effectif : entre anticipation et adaptation
Face aux critiques concernant les départs estivaux, Henchoz revendique une stratégie réfléchie : "On savait que des cadres allaient pouvoir nous quitter. Noë Dussenne, on l'avait déjà remplacé par Bryan Okoh." Cette approche pragmatique reflète les contraintes budgétaires d'un club suisse évoluant sur la scène européenne.
Le cas de Theo Bair illustre les défis de la gestion des effectifs. L'attaquant, peu utilisé à Auxerre, a dû s'adapter rapidement au rythme effréné : "On joue tous les trois jours depuis juillet, c'est clair que c'est compliqué."
Le mercato hivernal : prudence et réalisme
Concernant le mercato de janvier, le directeur sportif privilégie la stabilité : "L'équipe a assez de substance pour continuer comme ça. Maintenant, un mercato c'est dans les deux sens. La priorité, ce sera aussi de garder nos meilleurs joueurs."
Cette position reflète une philosophie de développement durable, caractéristique des clubs suisses face aux appétits financiers des championnats majeurs.
La formation : un investissement à long terme
Sur la question récurrente de l'intégration des jeunes, Henchoz adopte une position ferme : "Ce sont les performances qui décident en football." L'entrée d'Andrew Lachhab, 17 ans, lors du dernier match témoigne néanmoins de la volonté d'intégrer progressivement les talents locaux.
Peter Zeidler : un bilan en demi-teinte
L'évaluation de l'entraîneur révèle les complexités du football moderne : "Il n'a pas eu la tâche facile au départ, en devant intégrer tous les nouveaux joueurs." Le directeur sportif souligne les bonnes performances ponctuelles tout en reconnaissant le manque de constance.
La préparation hivernale, réduite à huit jours, illustre les contraintes du calendrier : "Cette question a été débattue à l'interne. Ils en sont arrivés à la conclusion que la meilleure préparation était de commencer le 29."
Ce bilan de Stéphane Henchoz révèle les défis structurels du football suisse : concilier ambitions européennes et réalités économiques, développer les talents locaux tout en restant compétitif, gérer la fatigue dans un calendrier surchargé. Des questions qui dépassent largement le cadre lausannois et interrogent l'avenir du football helvétique.