Impôts vaudois: Philippe Miauton défend la baisse de 12% face aux critiques
A un mois du scrutin sur l'initiative cantonale réclamant une réduction de 12% de l'impôt sur le revenu et la fortune, Philippe Miauton, directeur de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) et député PLR au Grand Conseil, monte au créneau. La mesure, chiffrée à 272 millions de francs par an, divise la classe politique vaudoise, y compris au sein du PLR, où trois conseillers d'Etat s'y opposent.
Pour Philippe Miauton, le moment est venu de rendre aux contribuables une partie des efforts fournis durant le redressement des finances cantonales. «Après vingt-cinq ans d'efforts, il est légitime d'en rendre une partie aux centaines de milliers de contribuables de notre canton», explique-t-il. Il rejette l'accusation de cadeau fiscal aux plus aisés, insistant sur le bénéfice pour la classe moyenne et l'économie locale.
Une baisse fiscale justifiée par les réserves cantonales
L'élu libéral-radical balaie l'argument du coût budgétaire. Les 272 millions représentent environ 2% du budget cantonal, alors que l'Etat de Vaud dispose de quelque 3,2 milliards de francs de réserves et que les recettes fiscales augmentent chaque année. «Une entreprise, une famille ou une organisation peut absorber temporairement une variation de cet ordre», affirme-t-il.
Interrogé sur les choix budgétaires nécessaires, Philippe Miauton assume: «Il faut raisonner sur une période de transition. On peut reporter certains projets, revoir certaines dépenses ou différer des engagements supplémentaires». Il cite l'exemple de Zurich, qui offre des prestations publiques importantes avec une pression fiscale inférieure.
Une divergence assumée avec les ministres PLR
Le député ne cache pas son désaccord avec les trois conseillers d'Etat de son propre parti, qui ne soutiennent pas l'initiative. «Quel exécutif a spontanément envie d'avoir moins de moyens?», s'interroge-t-il, tout en refusant de personnaliser le débat. «Chacun joue son rôle et une divergence sur une initiative ne suffit pas à résumer l'action d'un conseiller d'Etat».
Sur le plan de l'attractivité, Philippe Miauton appelle à anticiper plutôt que subir. «Lorsque vous commencez à perdre des entreprises, des employés, donc des contribuables, reconstruire l'attractivité coûte bien plus cher», prévient-il. Il précise toutefois que l'objectif n'est pas de transformer Vaud en Zoug, mais de «faire remonter le canton de quelques rangs en comparaison intercantonale».
Le débat sur le gain personnel éludé
Questionné sur le montant qu'il économiserait personnellement, le directeur de la CVCI esquive, préférant mettre en avant l'effet global. «Pour beaucoup de ménages, quelques centaines de francs ou 1000 à 1500 francs comptent», souligne-t-il. Il rappelle que les contribuables extrêmement fortunés ne sont pas concernés par l'initiative, d'autres mécanismes s'appliquant à eux.
Un débat public opposant Philippe Miauton au conseiller national socialiste Benoît Gaillard est prévu le 7 septembre à 19h30 à l'hôtel-café restaurant La Suite, à Payerne.
Questions fréquentes sur l'initiative fiscale vaudoise
Que prévoit l'initiative «12%»?
L'initiative demande une baisse de 12% de l'impôt cantonal sur le revenu et la fortune pour tous les contribuables vaudois, avec un coût estimé à 272 millions de francs par an.
Qui soutient et qui s'oppose à cette initiative?
L'initiative est soutenue par le PLR, l'UDC et les Vert'libéraux vaudois. Les trois conseillers d'Etat PLR du canton s'y opposent, tout comme la gauche.
Quand aura lieu la votation?
Le scrutin sur l'initiative est prévu dans environ un mois, soit à la fin du mois de septembre 2026.