Chaleur dans les écoles : le débat sur les compétences fédérales relancé
Alors que la canicule s’installe à nouveau sur la Suisse alémanique, la conseillère nationale Laura Gantenbein (Verts/SO) propose un « fonds chaleur » fédéral pour adapter les bâtiments scolaires aux températures extrêmes. L’UDC s’y oppose fermement, invoquant la subsidiarité cantonale et communale.
Des milliers d’élèves reprennent le chemin des classes en Argovie, à Bâle, Glaris, Saint-Gall, Soleure, Schwyz, Thurgovie et Berne, alors que le mercure grimpe. Avant les vacances, une température de 37 degrés avait été enregistrée dans une classe de Horgen (ZH). Un record qui interpelle.
Une motion pour des bâtiments résistants à la chaleur
Laura Gantenbein dépose deux motions. Elle demande davantage de végétalisation, des bâtiments résistants à la chaleur et, « si ces mesures passives ne suffisent pas », l’installation de systèmes de refroidissement économes en énergie. Selon elle, au-delà de 26 degrés, « la concentration, les performances d’apprentissage et la santé » des élèves sont affectées. Elle s’appuie sur les revendications de l’association faîtière des enseignants.
« Il n’existe aujourd’hui aucun standard minimal contraignant à l’échelle nationale pour protéger les écoles contre la chaleur », souligne-t-elle. « De nombreux responsables scolaires et leurs bâtiments ne sont pas préparés aux nouvelles conditions climatiques. »
Un fonds fédéral pour financer les travaux
Le coût des transformations étant élevé, la motion prévoit un « fonds chaleur » temporaire, financé par la Confédération. Le montant et la source de financement restent à déterminer. Gantenbein reconnaît que les écoles relèvent des cantons et des communes, mais estime que « la Confédération a un intérêt considérable à garantir la santé, l’égalité des chances et des conditions d’apprentissage sûres dans toute la Suisse, indépendamment de la capacité financière d’une commune ».
L’UDC dénonce une ingérence fédérale
La conseillère nationale Stefanie Heimgartner (UDC/AG) critique cette approche. « Les Verts veulent une fois de plus résoudre avec de l’argent fédéral un problème auquel ils ont eux-mêmes contribué par leur politique d’obstruction et de réglementation », dit-elle. Elle demande que les « climatiseurs efficaces puissent être installés simplement et, dans la mesure du possible, sans procédure d’autorisation ». Pour elle, les bâtiments scolaires restent du ressort des cantons et des communes : « Ils connaissent le mieux leurs bâtiments et leurs besoins. Au lieu de nouvelles prescriptions fédérales, de subventions et de bureaucratie, nous devrions leur redonner davantage de marge de manœuvre et de responsabilité. »
D’autres motions en préparation
Laura Gantenbein n’est pas la seule à réagir. Plusieurs élus et partis annoncent des motions pour la session d’automne, qui débutera le 14 septembre. Les Vert’libéraux réclament une stratégie nationale pour préserver les ressources en eau. D’autres textes porteront sur l’adaptation des villes au changement climatique et la réduction de la bureaucratie liée aux climatiseurs. Le PVL, les Verts et le PS discutent d’un débat d’urgence sur la canicule de l’été 2026. Les motions devront être traitées par le Parlement dans un délai de deux ans, faute de quoi elles seront classées.