Affaire Meylan : Valérie Dittli campe sur ses droits et réclame le retrait du rapport
La conseillère d’État vaudoise Valérie Dittli a contre-attaqué vendredi en présentant un avis de droit qui conclut à une violation de son droit d’être entendue et de sa dignité humaine dans le cadre du rapport Meylan. Dans l’émission Forum de la RTS, elle a estimé que le retrait de ce rapport est une condition indispensable à l’apaisement, tout en se disant prête à poursuivre la collaboration avec ses collègues du gouvernement cantonal.
« Je l’ai dit depuis longtemps, j’ai eu le sentiment que mon droit d’être entendue n’a pas été respecté. Cet avis de droit va même plus loin : il dit que la manière de procéder du Conseil d’État a porté atteinte à ma dignité humaine. Ce ne sont pas mes mots. On m’a traitée d’une manière qui n’est pas acceptable », a déclaré la ministre.
Une demande de retrait catégorique
Trois mois après avoir été épinglée dans le rapport Meylan, Valérie Dittli demande que ce document et le communiqué de presse attenant soient retirés du site de l’État de Vaud. Elle a commandé elle-même l’avis de droit qui statue en sa faveur, avant de le présenter à la presse puis de s’exprimer dans Forum.
Le Conseil d’État a immédiatement réagi en rappelant que la ministre avait pu participer et s’exprimer à plusieurs reprises dans le cadre de la procédure, y compris deux fois face à Jean-François Meylan. Le gouvernement rejette donc catégoriquement ses revendications.
Le droit d’être entendue, une notion large
« Le droit d’être entendue, ce n’est pas seulement de pouvoir être auditionnée. C’est de savoir de quoi on est accusé, ce qui est reproché, de pouvoir prendre position, amener des pièces. C’est beaucoup plus large », a rétorqué Valérie Dittli. Elle insiste : « Aujourd’hui, je demande seulement que ce droit soit respecté. Je ne m’oppose pas à ce que la vérité soit établie, bien au contraire. Mais l’apaisement n’est possible que si je peux aussi faire valoir mes droits. »
La ministre dément toute tentative de victimisation. « Je ne souhaite pas être la victime. Mais vous feriez quoi à ma place ? Vous êtes soumis à une procédure où l’on ne respecte pas les droits les plus fondamentaux, et après on vous accuse de choses qui sont fausses. » Elle conteste fermement l’accusation d’avoir utilisé des fonds publics à des fins privées : « Ça ne s’est pas passé comme ça. »
La balle au Centre et aux urnes
Face à l’impasse, ce sont les électeurs qui risquent de trancher lors des élections cantonales de février 2027. Valérie Dittli assure ne pas craindre le jugement des urnes, mais n’a pas encore annoncé si elle briguera un second mandat. « C’est en discussion avec mon parti », dit-elle.
Le Centre a donné à sa ministre jusqu’au mardi 11 août pour se décider. Mais aucune annonce ne sera faite ce jour-là, prévient-elle. « Il y a un congrès du parti le 2 septembre et c’est l’assemblée qui décide d’une éventuelle nomination. Le 11 août, c’est une séance interne parmi d’autres où on fixe la stratégie. Je vous informerai le moment venu. »
Elle assure toutefois aligner sa décision sur les intérêts du parti. « Je suis une femme du Centre. J’ai des valeurs centristes qui sont parfois plus fortes que moi-même. Le parti, c’est un peu ma famille. Je suis au service du parti, pas le contraire. »
Deux réalités, une collaboration qui tient
Valérie Dittli se dit prête pour un nouveau mandat. « Je vis comme deux réalités. Il y a celle qui concerne ces affaires autour de ma personne et il y a tous les autres dossiers du Conseil d’État. Et dans ces dossiers, la collaboration se passe très bien. Les conclusions ne sont donc pas si simples. »
Propos recueillis par Valentin Emery et Mehmet Gultas