11 septembre 2001 : la Suisse face à l'Histoire, entre direct et devoir de mémoire
Le 11 septembre 2001, quatre avions détournés frappent les États-Unis, faisant près de 3000 morts. À Genève, les rédactions de la RTS couvrent en direct cet événement historique. Vingt-cinq ans plus tard, retour sur les coulisses d'une journée qui a bouleversé l'équilibre mondial et interrogé nos démocraties.
Une matinée paisible, brisée en quelques minutes
Le 11 septembre 2001 commence comme une journée ordinaire. Mais dès 6h45, heure locale, dix-neuf terroristes s'enregistrent sur quatre vols intérieurs américains. Malgré des signaux d'alerte, aucun n'est empêché d'embarquer. À 8h46, le vol American Airlines 11 percute la tour Nord du World Trade Center. Le monde entier pense encore à un accident.
Dix-sept minutes plus tard, un deuxième avion frappe la tour Sud en direct. Le doute n'est plus permis. Pour Xavier Colin, journaliste à la RTS, le choc est immédiat : « Quand je suis revenu à la rédaction, on a vu un avion civil rentrer dans la deuxième tour. À partir du moment où vous avez deux avions civils, c'était forcément un attentat. »
La RTS en direct face à l'Histoire
À 9h37, un troisième avion s'écrase sur le Pentagone. À 9h40, tout l'espace aérien américain est fermé. Un quatrième appareil s'écrase en Pennsylvanie à 10h03, après la révolte des passagers. À Genève, la décision est prise de prendre l'antenne. Xavier Colin reste en direct pendant des heures, confronté à un défi inédit : décrypter des images que le monde entier regarde en boucle.
« Toutes les télévisions du monde avaient les mêmes images. Il fallait les décrypter et ajouter du contexte sur le terrorisme. »
Le journaliste se souvient de la difficulté à trouver le ton juste. « Le plus difficile, c'est d'expliquer aux gens que ce n'est pas de la science-fiction, c'est la réalité. À un moment, j'ai dit : n'oubliez pas que nous sommes en train d'assister à la mort de milliers de personnes. »
Les failles du renseignement, un avertissement pour nos démocraties
Dès l'après-midi, la piste d'al-Qaïda s'impose. Deux des terroristes, Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar, étaient connus de la CIA. Mais cette information n'a jamais été transmise au FBI, laissant ces hommes libres de suivre des leçons de pilotage sur le sol américain. Ali Soufan, ancien enquêteur du FBI, déplore : « Toutes ces informations étaient dans leur système dès janvier 2000. Impossible de comprendre pourquoi quelqu'un à Washington avait décidé de ne pas les communiquer. »
Cette défaillance a eu des conséquences immenses. En octobre 2001, les États-Unis lancent la guerre en Afghanistan. En 2003, une autre guerre est déclenchée contre l'Irak, sur la base de fausses accusations. Le Patriot Act élargit les pouvoirs de surveillance, et la CIA crée des prisons secrètes où certains détenus subissent la torture. Un héritage qui interroge encore nos sociétés sur l'équilibre entre sécurité et libertés individuelles.
Un patriotisme qui interroge, un monde qui se fragmente
Dans les jours qui suivent, une vague de patriotisme déferle sur l'Amérique. Les médias subissent une pression pour se montrer plus solidaires. Xavier Colin observe : « Le lendemain, l'éditorial du journal Le Monde, c'était