Washington : l'auteur de l'attentat contre la Garde nationale inculpé d'assassinat
L'attaque qui a coûté la vie à une militaire de la Garde nationale américaine et grièvement blessé un second soldat soulève des questions fondamentales sur les procédures d'accueil et de contrôle des réfugiés afghans aux États-Unis.
Des charges aggravées après le décès d'une militaire
Rahmanullah Lakanwal, ressortissant afghan de 29 ans, sera inculpé d'assassinat suite au décès de Sarah Beckstrom, 20 ans, militaire de la Garde nationale. Son collègue Andrew Wolfe, 24 ans, demeure dans un état critique. La ministre de la Justice Pam Bondi a annoncé son intention de requérir la peine capitale contre l'accusé.
"C'est un meurtre avec préméditation. C'est une embuscade commise avec une arme à feu contre des gens qui ne savaient pas ce qui les attendait", a précisé la procureure Jeanine Pirro, justifiant l'aggravation des charges initialement limitées à l'agression armée avec intention de tuer.
Un parcours qui interroge les procédures de contrôle
L'accusé était arrivé aux États-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés des forces américaines en Afghanistan. Selon la CIA, il avait rejoint les "unités zéro" des services afghans, spécialisées dans les missions contre les talibans, Al-Qaïda et l'État islamique. Ses antécédents avaient été "vérifiés à de multiples reprises", selon l'ONG AfghanEvac.
Le suspect avait traversé le pays depuis l'État de Washington, où il résidait avec sa famille, pour se rendre dans la capitale fédérale. Le mobile de l'attaque demeure inconnu, mais des experts évoquent d'éventuels troubles de stress post-traumatique, fréquents chez les évacués d'Afghanistan.
Révision des politiques d'immigration
Cet incident a immédiatement déclenché une réaction de l'administration Trump. Le président a annoncé vouloir empêcher "l'immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde" et ordonné "un réexamen complet et rigoureux" des cartes vertes délivrées aux ressortissants de 19 pays "jugés préoccupants".
Cette liste inclut l'Afghanistan, Haïti, l'Iran et le Venezuela. Plus de 1,6 million d'étrangers détenteurs de la carte verte, soit 12% des résidents permanents, sont originaires de ces pays, dont plus de 116 000 Afghans.
Un cas qui n'est pas isolé
Ce n'est pas le premier incident impliquant un réfugié afghan. Nasir Tawhedi, arrivé en septembre 2021, avait été arrêté en octobre 2024 pour un projet d'attentat le jour de l'élection présidentielle et a plaidé coupable. Depuis la prise de pouvoir des talibans, plus de 190 000 Afghans sont arrivés aux États-Unis.
Cette tragédie soulève des questions légitimes sur l'équilibre entre l'accueil humanitaire et la sécurité nationale, un débat central dans les démocraties occidentales confrontées aux défis migratoires contemporains.