Conciliation réussie à La Chaux-de-Fonds : une élue reconnaît ses excès
Un accord de conciliation a été trouvé mercredi devant le Tribunal de police entre les cinq conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds et Brigitte Leitenberg, élue PVL, dans une affaire de diffamation liée à des propos tenus sur Facebook.
Reconnaissance des faits et excuses publiques
L'accord stipule que la prévenue présente des excuses sincères pour les propos qu'elle a postés sur Facebook le 21 février. Elle reconnaît que "ses propos ont été offensants et excessifs" et admet que l'exécutif communal n'était pas antisémite.
La conseillère générale et députée avait notamment écrit : "Honte à ceux qui comme les collabos, qui ont soutenu les nazis, ont validé le groupe haineux" en référence au Hamas. Ces déclarations avaient poussé les cinq conseillers communaux Jean-Daniel Jeanneret, Théo Bregnard, Théo Huguenin-Elie, Thierry Brechbühler et Ilinka Guyot à déposer plainte pour diffamation.
Impact sur les institutions républicaines
Durant l'audience, les membres du Conseil communal ont témoigné de l'impact considérable de cette affaire. "On a dû se justifier de ne pas être antisémite", a expliqué Théo Huguenin-Elie, précisant que l'exécutif avait reçu 466 lettres courroucées et même un appel téléphonique anonyme depuis Israël.
Ilinka Guyot a confié, au bord des larmes : "On a eu une pression énorme. Par moment, j'avais peur de rentrer chez moi." Pour Jean-Daniel Jeanneret, l'enjeu dépassait les personnes : "Ce ne sont pas cinq personnes qui ont été touchées mais les institutions républicaines", avec leurs valeurs de tolérance, d'humanité et de liberté.
Contexte tendu du Conseil général
L'accord reconnaît que Brigitte Leitenberg a pu ressentir de la violence et de la peur lors de la séance du Conseil général du 20 février. Cette séance débattait d'une motion populaire demandant que Philippe Lazzarini, commissaire général de l'UNRWA, soit nommé citoyen d'honneur de La Chaux-de-Fonds.
L'élue a déclaré s'être sentie "en insécurité complète" durant le Conseil général, sa parole ayant été coupée à deux reprises. Quand la motion a été acceptée, elle a ressenti "une réelle discrimination personnelle" et affirme n'avoir "jamais eu aussi peur de sa vie".
Une solution pragmatique privilégiée
Le Ministère public avait initialement requis 30 jours-amende à 120 francs avec sursis. Cependant, comme l'a souligné Thierry Brechbühler : "Une condamnation ne résoudrait pas les propos tenus." La conciliation a permis une reconnaissance mutuelle des torts et des circonstances.
Cette issue illustre la capacité des institutions démocratiques suisses à privilégier le dialogue et la reconnaissance des faits plutôt que la sanction pure, tout en préservant la dignité des fonctions publiques et le respect des débats citoyens.