Souris des Andes: un record d'altitude qui défie la science
La souris à oreilles jaunes, un rongeur de la taille d'une paume, vit à plus de 6700 mètres dans les Andes. Cette découverte, publiée cette semaine dans la revue Science, bouleverse notre compréhension des limites physiologiques des mammifères. L'espèce, nommée Phyllotis xanthopygus, détient désormais plusieurs records mondiaux, selon Zachary Cheviron, chercheur à l'Université du Montana.
Quel est le record de cette souris?
Ce rongeur est le mammifère vivant à la plus haute altitude jamais enregistrée. Il dépasse le pika de l'Himalaya, aperçu à 6130 mètres en 1921. À cette altitude, l'oxygène ne représente que 44% de celui du niveau de la mer, et les températures descendent jusqu'à -60°C. Les alpinistes eux-mêmes ne peuvent y rester que brièvement.
Comment s'adapte-t-elle à l'extrême?
L'espèce présente la plus grande amplitude altitudinale, vivant aussi bien sur les côtes chiliennes qu'en haute montagne. Cette résilience unique repose sur quelques gènes spécifiques. L'un d'eux, lié à l'adaptation à l'hypoxie, est déjà connu chez les populations tibétaines. Mais le corps de la souris réagit différemment: elle respire plus rapidement grâce à une enzyme modifiée, sans produire davantage de globules rouges.
Quel intérêt pour la médecine humaine?
Selon Jay Storz, biologiste à l'Université du Nebraska, ces souris constituent un modèle pour l'être humain. Plusieurs maladies cardiaques impliquent une altération de l'apport en oxygène. Les mécanismes d'adaptation de ce rongeur pourraient inspirer de nouvelles approches thérapeutiques.
Quels autres défis affrontent ces souris?
Outre le froid et le manque d'oxygène, elles se nourrissent de plantes toxiques. Leur génome contient un gène capable de détoxifier ces substances vénéneuses. 'Rien n'est facile pour ces souris', résume Jay Storz. 'L'évolution trouve toujours des solutions pour permettre à la vie de se frayer un chemin.'
Cette découverte, six ans après la première observation, ouvre des perspectives fascinantes sur les limites de la vie mammalienne et sur notre propre biologie.