L'aéroport international King Khalid de Ryad a été pris pour cible pour la troisième fois en quatre jours, dimanche 11 octobre 2026. Cette nouvelle attaque intervient au lendemain d'un bombardement meurtrier qui a coûté la vie à douze personnes, un bilan inédit dans le royaume depuis une décennie.
Le général Turki Al-Malki, porte-parole de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, a confirmé dans l'après-midi une « attaque au moyen d'un projectile non identifié contre le terminal passagers numéro 4 », où un incendie s'est déclaré. Il a également annoncé l'interception d'un « missile de croisière dans les environs de l'aéroport ».
Une escalade inédite depuis le début de la guerre au Yémen
La série d'attaques qui vise la capitale saoudienne depuis mercredi est sans précédent depuis l'entrée en guerre de la coalition en 2015. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué l'ensemble de ces frappes, dont celles de mercredi et jeudi qui avaient déjà fait six morts.
Le mouvement yéménite a renouvelé dimanche son avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes, les enjoignant à ne pas utiliser l'espace aérien saoudien et les aéroports, « à l'exception » de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine. « Ils sont exposés aux frappes », a prévenu Yahya Saree, leur porte-parole militaire, sur X.
Ryad dénonce un crime de guerre et promet une réponse ferme
La coalition a imputé aux Houthis la frappe de samedi, la qualifiant de « crime de guerre » auquel elle répondra « avec fermeté ». Une source diplomatique a également attribué ce tir à un missile houthi. Cette attaque constitue l'acte le plus meurtrier commis dans le royaume depuis l'attentat suicide de l'État islamique d'août 2015, qui avait fait quinze morts.
Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, devrait s'entretenir avec le président américain Donald Trump, qui a jugé que « ce qui s'est passé n'est pas acceptable ». Le locataire de la Maison-Blanche a indiqué qu'il examinerait une possible participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis, alors que Washington n'avait jusque-là pas donné suite aux demandes saoudiennes de soutien.
Une condamnation internationale quasi unanime
Les réactions n'ont pas tardé à travers le monde. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé une « horrible attaque terroriste », tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué une « escalade dangereuse ». L'ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Moscou, Bagdad et Islamabad ont également condamné cette frappe contre une infrastructure civile.
Les Émirats arabes unis, pourtant en désaccord diplomatique avec Ryad sur le dossier yéménite, ont exprimé leur solidarité et leur « soutien à toutes les mesures visant à préserver » la sécurité du royaume.
Un bilan humain lourd et des dégâts considérables
Les autorités saoudiennes ont recensé douze morts et 309 blessés à la suite de l'attaque de samedi. Parmi les victimes figurent « quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais », selon un bilan officiel. Un diplomate occidental basé à Ryad a toutefois confié à l'AFP que ce bilan pourrait s'alourdir.
L'aéroport King Khalid devait rester fermé dimanche, selon deux sources du secteur aérien. Cette fermeture prolongée soulève des questions sur la capacité du royaume à sécuriser ses infrastructures critiques face à une menace balistique persistante, et sur les conséquences économiques d'une telle paralysie pour un hub aérien majeur du Golfe.
Quelles conséquences pour la sécurité régionale ?
Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par la guerre au Yémen qui oppose les Houthis aux forces gouvernementales soutenues par la coalition saoudienne depuis 2015. La capacité des rebelles à atteindre Ryad, à plus de mille kilomètres de leurs positions, démontre une sophistication croissante de leur arsenal, probablement fourni par Téhéran.
La réponse saoudienne, annoncée comme « ferme », pourrait prendre la forme d'une intensification des frappes au Yémen, au risque d'aggraver une crise humanitaire déjà catastrophique. La question d'un engagement américain plus direct, évoquée par Donald Trump, ajoute une dimension géopolitique supplémentaire à un conflit qui n'en finit pas de s'enliser.
Questions fréquentes sur les attaques contre l'aéroport de Ryad
Qui est responsable des attaques contre l'aéroport de Ryad ?
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué l'ensemble des frappes contre l'aéroport international King Khalid depuis mercredi. La coalition saoudienne leur impute également la frappe meurtrière de samedi.
Quel est le bilan humain de ces attaques ?
Selon les autorités saoudiennes, l'attaque de samedi a fait douze morts et 309 blessés. Les frappes de mercredi et jeudi avaient déjà tué six personnes. Un diplomate occidental évoque toutefois un bilan potentiellement plus lourd.
L'aéroport de Ryad est-il toujours fermé ?
Oui, l'aéroport King Khalid devait rester fermé dimanche selon des sources du secteur aérien, après l'attaque de samedi. Les Houthis ont par ailleurs averti les compagnies aériennes de ne pas utiliser l'espace aérien saoudien.
