Législatives russes : un scrutin sous les drones, une opposition muselée
Les Russes se rendent aux urnes ce dimanche pour le troisième et dernier jour d'élections législatives, un scrutin qui se déroule sous le signe des frappes de drones ukrainiennes. Plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion de l'Ukraine, le vote devrait logiquement consacrer la victoire du parti de Vladimir Poutine, dans un contexte de répression sévère de toute dissidence.
Un vote sous tension, entre frappes et propagande
Ces élections, les premières depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022, visent à renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Elles se tiennent également dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou, une situation qui interroge la légitimité même du processus électoral.
Le dernier jour de vote a été précédé, dans la capitale russe, par une attaque massive de drones. Le gouverneur de la région de Moscou a fait état de 249 drones abattus par la défense anti-aérienne, avec des frappes ayant touché plusieurs zones résidentielles de la périphérie, où deux morts ont été recensés. Dans la ville même, une importante raffinerie a été endommagée, selon le maire, qui a dénoncé sur Telegram une attaque « sans précédent » et « manifestement planifiée dans le but de perturber les élections ». Il a toutefois ajouté : « L'ennemi n'y est pas parvenu », évoquant plus de 1 600 drones abattus, dont 450 se dirigeaient vers Moscou.
Une opposition réduite au silence, une issue sans surprise
L'issue du scrutin ne fait guère de doute dans un pays où l'expression de la dissidence est durement réprimée. Le seul parti frontalement opposé à la guerre, le parti social-libéral Iabloko, a été écarté de la course. Les analystes observeront néanmoins le taux de participation et les résultats des partis alternatifs pour sonder l'état d'esprit des Russes, confrontés aux sanctions économiques occidentales, aux frappes ukrainiennes régulières, aux pénuries d'essence et aux restrictions sur l'internet dans plusieurs régions.
Face à Russie unie, le parti au pouvoir, seules des formations soutenant à des degrés divers le gouvernement et la poursuite du conflit ont été autorisées à concourir : les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes.
L'appel de l'opposition en exil et la réaction européenne
Écartée du scrutin, l'opposition en exil a appelé tous les « Russes opposés à la guerre » à voter contre le parti de Vladimir Poutine, dimanche à midi, pour démontrer leur nombre. L'Union européenne a, de son côté, dénoncé des élections se déroulant dans un climat de « répression systématique et institutionnalisée ».
Le vote, ouvert vendredi matin, se poursuit jusqu'en début de soirée ce dimanche. Les premiers résultats sont attendus dans la foulée.
Trois morts à Kiev, la guerre continue
Dans le même temps, au moins trois personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans une frappe russe sur Kiev, ont indiqué samedi les autorités ukrainiennes. La capitale et ses environs sont régulièrement pris pour cible depuis le début de l'invasion, il y a plus de quatre ans et demi, et de fréquentes alertes aériennes y retentissent encore.
Questions fréquentes sur les élections législatives russes
Qui est autorisé à participer aux élections législatives russes ?
Seuls les partis soutenant, à des degrés divers, le gouvernement actuel et la poursuite du conflit en Ukraine sont autorisés à concourir. Les formations ouvertement opposées à la guerre, comme Iabloko, ont été écartées du scrutin.
Pourquoi ces élections sont-elles contestées ?
Elles se déroulent dans un climat de répression systématique de la dissidence, dans des territoires ukrainiens occupés et annexés, et sans réelle opposition politique. L'Union européenne a dénoncé un processus entaché par une répression « systématique et institutionnalisée ».
Quel est l'enjeu principal de ce scrutin pour les Russes ?
Au-delà de la confirmation attendue du parti de Vladimir Poutine, les analystes observeront le taux de participation et les résultats des partis alternatifs pour mesurer l'état d'esprit de la population, confrontée aux sanctions, aux frappes et aux pénuries.