Mondial 2026: le coup d'envoi sous tension géopolitique
La Coupe du monde de football 2026 débute ce soir à Mexico avec une rencontre entre le pays hôte et l'Afrique du Sud. Si l'événement sportif est historique par son format, il se déroule dans un contexte marqué par les débats sur les libertés individuelles et les crispations diplomatiques.
Un format inédit pour une compétition sous pression
Première du genre, cette édition réunit 48 sélections pour 104 matchs répartis sur trois nations: les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le coup d'envoi sera donné à 21h00 en Suisse, soit 13h00 heure locale, dans l'emblématique stade Aztèque. Cette enceinte établit un record en accueillant son troisième match d'ouverture de l'histoire du Mondial. La cérémonie inaugurale promet d'être colorée, mettant en valeur la culture mexicaine, bien que la météo annonce une chaleur humide.
La société civile mexicaine se fait entendre
Autour du stade, le climat est moins festif. Depuis plusieurs jours, les rues de la capitale mexicaine résonnent de protestations. Des centaines de manifestants ont de nouveau défilé mercredi soir pour dénoncer le drame des personnes disparues, victimes des enlèvements et de la violence perpétrés par les cartels de la drogue. Face à cette mobilisation citoyenne, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré que la situation était sous contrôle, une affirmation qui interroge au vu de la réalité des droits humains sur place.
Le durcissement migratoire américain face au droit international
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, s'est exprimé mercredi lors d'une conférence de presse soigneusement calibrée. La préparation de ce Mondial a été fortement perturbée par des facteurs extrasportifs, notamment les tensions internationales et la politique migratoire stricte de l'administration Trump.
Le cas de l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan illustre cette tension. Malgré la possession d'un visa valide, il a été refoulé par les autorités américaines à son arrivée à Miami. Gianni Infantino a qualifié cette situation de malheureuse, tout en concédant l'impuissance de la FIFA face aux décisions souveraines des États-Unis. Nous ne contrôlons pas tout, a-t-il répété.
Interrogé sur le refus de visa pour 15 membres de la délégation iranienne, le patron de la FIFA a esquimbé en invoquant la souveraineté étatique. Il a posé la question suivante: le Mondial féminin de 2035 se tenant au Royaume-Uni, serait-il normal que la FIFA impose au gouvernement britannique sa politique d'entrée sur le territoire? Un argument juridique qui soulève le débat sur l'équilibre entre souveraineté nationale et respect des engagements internationaux lors de l'accueil de compétitions mondiales.
Le refoulement d'Omar Artan a suscité une vive indignation en Somalie, qui espérait voir pour la première fois un de ses arbitres officier à ce niveau. Ce cas est devenu le symbole du durcissement des politiques frontalières américaines, en contradiction avec l'esprit d'ouverture attendu d'un hôte mondial. Soutenu par l'UEFA, qui lui a confié la finale de la Supercoupe d'Europe en août entre le PSG et Aston Villa, l'arbitre a affiché sa résilience. Le drapeau national sur les épaules, il a déclaré qu'il serait présent à la prochaine Coupe du monde en 2030.