JO Milan-Cortina : la Suisse face au défi des superstars NHL
Après douze années d'absence, les vedettes de la NHL retrouvent les Jeux olympiques. Pour l'équipe de Suisse, forte de ses récentes finales mondiales, l'enjeu se révèle considérable : tirer parti de sa meilleure sélection historique tout en affrontant une concurrence internationale d'un niveau inédit.
Un retour historique de la NHL sur la scène olympique
La ligue nord-américaine, absente des Jeux depuis Sotchi en 2014, remet l'intégralité de ses joueurs à disposition de l'IIHF. Cette décision transforme radicalement la donne pour Milan-Cortina, où les formations nationales alignent désormais leurs véritables « dream teams ».
Pour la Suisse, cette configuration présente un double aspect : l'opportunité de disposer de sa formation optimale avec dix éléments NHL, mais également la nécessité d'affronter des adversaires considérablement renforcés par rapport aux récents Championnats du monde de Prague et Herning-Stockholm, où la Nati avait décroché l'argent.
Des ambitions mesurées face aux géants du hockey
Olivier Keller, ancien défenseur international, livre une analyse pragmatique : « Par rapport au Mondial, du fait de la présence de la NHL dans son intégralité, les JO constituent un autre monde. Pour la Suisse, atteindre les quarts de finale serait déjà satisfaisant. »
Félicien Du Bois, consultant à SRF et fort de 124 sélections, partage cette prudence : « Le Canada, les États-Unis et la Suède me paraissent supérieurs. Sur un match, la Suisse peut s'imposer, mais remporter le titre nécessiterait de battre deux ou trois de ces puissances. »
L'épineuse question des gardiens
Le staff helvétique doit trancher entre trois portiers de niveau international : Leonardo Genoni, MVP du Mondial 2025 mais en difficulté avec Zoug, Akira Schmid, titulaire à Vegas, et Reto Berra, performant à Fribourg.
Les deux experts divergent sur ce choix crucial. Keller privilégie Schmid et Berra, s'inquiétant de la forme actuelle de Genoni. Du Bois défend le gardien de Zoug, soulignant son expérience au plus haut niveau ces dernières années.
Le Canada, éternel favori
L'histoire récente plaide pour la sélection à la feuille d'érable : sur les dix derniers tournois internationaux avec participation complète de la NHL depuis 1991, le Canada s'est imposé à sept reprises. Sidney Crosby, déjà champion olympique en 2010 et 2014, incarne cette tradition de réussite.
« Les Canadiens possèdent cette capacité de se sublimer aux moments décisifs », analyse Du Bois, tout en mettant en garde contre les États-Unis, champions du monde en titre et en progression constante.
Keller confirme ce pronostic : « Le Canada dispose d'une équipe extraordinaire. Si l'on devait identifier un point faible, ce serait peut-être les gardiens, mais cette machine devrait logiquement conquérir l'or. »
Pour la Suisse, l'objectif demeure clair : exploiter au maximum le potentiel de cette génération dorée tout en gardant à l'esprit les réalités d'un tournoi où l'excellence ne garantit plus automatiquement le succès.