L'abandon du camping de la Poya révèle les tensions autour du développement urbain fribourgeois
Le projet de camping urbain sur l'ancienne caserne militaire de la Poya à Fribourg vient de connaître un épilogue révélateur des enjeux qui traversent l'aménagement du territoire helvétique. L'association « La Grande Mouette » a finalement renoncé à son initiative, faute de soutien financier cantonal suffisant.
Un refus de subvention qui interroge
Malgré l'obtention d'un permis de construire en septembre dernier, les porteurs du projet n'ont pas réussi à réunir les 500'000 francs nécessaires à la réalisation de leur camping provisoire. La Promotion économique du canton de Fribourg a refusé d'octroyer la subvention demandée, un revirement qui soulève des questions sur la cohérence des politiques publiques locales.
« Quand on a fait le processus, on nous avait assuré quasiment à 99% que du moment qu'on pouvait déposer et présenter notre projet, on pouvait obtenir ces subventions », déplore Camille Schoenenweid, l'une des porteuses du concept. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par les initiatives citoyennes face aux méandres administratifs.
Entre vision économique et utilisation transitoire
Le projet prévoyait l'aménagement provisoire d'une vingtaine de cabanes en bois, d'emplacements pour mobile-homes et tentes, ainsi qu'une buvette, en attendant une affectation définitive de ce terrain stratégique abandonné par l'armée depuis deux ans.
Cette initiative s'inscrivait dans une logique d'utilisation transitoire intelligente des espaces urbains, concept qui gagne en reconnaissance dans les politiques d'aménagement contemporaines. Toutefois, elle s'est heurtée à l'opposition des partis bourgeois, inquiets des conséquences sur le développement économique futur du site.
Un site en mutation malgré tout
La Direction du développement territorial cantonal (DIME) relativise l'impact de cet abandon. Sonja Gerber, secrétaire générale, souligne que « les surfaces locatives affichent un taux de remplissage d'environ 85% » et que « le site accueille aujourd'hui une grande diversité d'acteurs ».
Cette dynamique confirme la capacité d'adaptation du site, même si l'épisode du camping révèle les tensions entre différentes visions du développement urbain. La confidentialité invoquée par la Promotion économique sur les décisions de subventionnement interroge également sur la transparence des processus décisionnels publics.
L'abandon de ce projet illustre finalement les défis auxquels font face les collectivités suisses pour concilier innovation citoyenne, pragmatisme économique et vision à long terme de l'aménagement territorial.