Laurent Vinatier témoigne de sa détention en Russie
Un mois après sa libération, le chercheur humanitaire suisse Laurent Vinatier livre un témoignage sobre sur ses 19 mois de détention dans les prisons russes. Arrêté le 6 juin 2024 à Moscou, ce spécialiste de l'espace post-soviétique a recouvré la liberté le 8 janvier 2026 dans le cadre d'un échange de prisonniers.
Une détention marquée par la torture psychologique
Interrogé dans La Matinale, Laurent Vinatier décrit des conditions d'emprisonnement caractérisées par la pression psychologique plutôt que par la violence physique. "C'est de la torture psychologique. Les conditions d'emprisonnement étaient stables et c'est très important car on s'habitue à ce qui nous est donné. Et la moindre chose qui change, c'est déstabilisant psychologiquement", explique-t-il.
Pour préserver sa santé mentale, le chercheur s'est tourné vers l'écriture et la lecture. "Lorsque je pleurais, je l'écrivais pour extérioriser. C'est intéressant quand on sent qu'on a tout perdu, il y a une espèce de transcendance. Je parlais tout seul ou en moi pour éviter d'être totalement fou."
Un état psychologique préservé
Malgré l'épreuve, Laurent Vinatier affirme ne pas se sentir traumatisé et bénéficie d'un suivi psychologique français. Il exprime toutefois ses craintes d'être désormais réduit à l'étiquette de "l'homme qui a été en prison", révélant les défis de la réinsertion après une telle expérience.
Credit Suisse et le régime nazi : de nouvelles révélations
Parallèlement, le Sénat américain révèle que près de 900 comptes Credit Suisse auraient eu des liens avec le régime nazi. Certains dépôts sont restés ouverts jusqu'en 2020, selon le sénateur Chuck Grassley.
Marc Perrenoud, historien et conseiller scientifique de la Commission Bergier, n'exprime aucune surprise face à ces révélations. Il rappelle que le rapport de la commission de 1996 était "beaucoup trop limité" pour étudier de manière exhaustive les liens financiers entre la Suisse et l'Allemagne nazie.
La propagande russe dans les écoles documentée
Le documentaire "Mister Nobody contre Poutine", sélectionné aux Oscars, expose la transformation des écoles russes depuis l'invasion de l'Ukraine. Pavel Talankin, enseignant de l'Oural, a secrètement filmé les cours de patriotisme et d'instruction militaire imposés par Moscou avant de fuir vers Prague en 2024.
Ce témoignage illustre les méthodes d'endoctrinement déployées par le régime russe dans le système éducatif, révélant une stratégie de militarisation de la jeunesse particulièrement préoccupante pour les observateurs des droits de l'homme.