Bonmont Tennis Masters : l'excellence helvétique sur gazon
Au Golf & Country Club de Chéserex, le Bonmont Tennis Masters s'est imposé comme un événement incontournable pour l'élite du circuit ATP. Face à la disparition mondiale des courts en gazon, cette initiative privée helvétique offre une infrastructure stratégique de premier plan.
La rareté du gazon, un atout suisse
Le tennis d'antan se jouait exclusivement sur gazon. Aujourd'hui, cette surface est devenue une denrée rare, se limitant souvent aux tournois inscrits aux calendriers de l'ATP et de la WTA. En Suisse, à l'exception du tournoi ouvert de la Gurzelen à Bienne, véritable « Wimbledon du peuple » ancré dans la tradition démocratique locale, les opportunités de jouer sur herbe se comptent sur les doigts d'une main. Rappelons que les Internationaux d'Australie ont abandonné le gazon en 1987, tandis que ceux des États-Unis ont oscillé entre gazon, terre battue et dur avant de se fixer en 1978. En France, la situation est similaire, avec quelques rares installations privées à Paris ou Deauville, dont l'avenir reste souvent incertain.
Une préparation stratégique prisée par l'élite
C'est précisément cette rareté qui fait le succès du tournoi vaudois. Les joueurs du circuit mondial accourent à Bonmont pour ajuster leur jeu avant la saison sur herbe. Cette édition a réuni des figures telles que le Suisse Stan Wawrinka, le Russe Karen Khachanov, l'Argentin Tomas Martin Etcheverry, le Kazakh Alexander Bublik, ainsi que les Français Arthur Rinderknech et Corentin Moutet.
C'est hyper important dans le sens où c'est très compliqué de pouvoir s'entraîner ou jouer sur le gazon en amont de la saison sur herbe. Pouvoir bénéficier de quelques matches sans se mettre la pression, dans un cadre pareil, c'est génial.
a expliqué Arthur Rinderknech, peu avant de s'imposer face à Stan Wawrinka en deux sets dans une ambiance détendue.
Pour le champion suisse, l'avantage est double : une préparation technique optimale et la proximité avec ses racines.
En général, on ne s'entraîne pas trop sur cette surface avant d'arriver sur les tournois. Donc c'était idéal de pouvoir passer le week-end ici. En prime, c'est un plaisir d'avoir des connaissances, d'avoir des amis, d'avoir la famille qui peuvent venir. C'est toujours une chance quand on peut jouer des matchs en Suisse.
Infrastructure et exigence privée
L'intimité du lieu et l'absence de pression compétitive permettent aux athlètes d'évoluer en toute sérénité. Yannick Fattebert, coorganisateur et ancien collaborateur de Stan Wawrinka, souligne la valeur de ce modèle : les joueurs se préparent dans les meilleures conditions, libérés du stress des tournois officiels. Le succès est tel que l'événement pourrait bientôt passer d'un système d'invitation à une sélection sur postulation.
Maintenir une telle infrastructure relève cependant d'un défi technique et économique majeur. La mise en place d'un court en gazon exige une expertise pointue, soutenue ici par le partenaire Realsport.
C'est un boulot presque à l'année. Après le reste des infrastructures, deux semaines avant, on commence à tout installer. Le but, c'est d'augmenter le niveau de tout, de l'expérience qu'on propose à nos partenaires.
ajoute Yannick Fattebert, dont l'équipe gère également le Montreux Nestlé Open WTA 125. Une démonstration de pragmatisme et d'efficacité qui confirme la vitalité du modèle événementiel privé helvétique.