Le studio français Nova-box publiera After the Wane le 10 novembre, une bande dessinée interactive dont les illustrations, dessinées à la main et animées par rotoscopie, font déjà figure de petit événement. Selon watson.ch, qui a pu tester le jeu à quelques jours de sa sortie, cette fable narrative à l'aquarelle confirme le savoir-faire d'un studio bordelais qui revendique le jeu vidéo comme un art à part entière.
L'information mérite d'être relevée à une époque où l'intelligence artificielle s'immisce partout dans la production vidéoludique. Ici, tout est humain : le trait, la musique, l'écriture. Dans un marché dominé par les blockbusters, ce choix artistique est aussi une position.
Une héroïne façonnée par les choix du joueur
On suit Léna, une jeune femme qui débarque à Paris pour devenir danseuse et retrouver la mère qui l'a abandonnée à la naissance. Elle ne conserve de cette mère qu'une photographie, et son parcours se divise entre un restaurant où elle travaille comme serveuse, l'association d'un mystérieux Fernand et l'étrange théâtre de Déborah, qui semble lié à son passé.
Le système de décisions constitue l'originalité principale du titre. Chaque réponse alimente des curseurs invisibles qui dessinent progressivement la personnalité de Léna : sympathique ou désagréable, terre à terre ou attirée par l'occultisme. Le journaliste de watson.ch le souligne : les choix ne modifient pas seulement quelques dialogues, ils construisent un caractère sur la durée.
Cette mécanique s'accompagne d'une règle stricte, plutôt rare dans un secteur qui multiplie les facilités : aucun retour en arrière, aucun chapitrage. Le joueur assume ses décisions jusqu'au bout. Pour explorer les trois routes du scénario, il faudra relancer une partie, ce qui donne au titre une rejouabilité certaine, entre 4 et 5 heures pour une première traversée et une dizaine d'heures pour tout voir.
Une voix dans la tête et un fantastique insidieux
Deux éléments marquent l'expérience. Le premier est la voix que Léna entend dans sa tête, une présence qui commente son quotidien et qu'elle semble avoir appris à vivre avec. Le rapprochement avec Hellblade s'impose, même si la thématique diffère : la schizophrénie y était centrale, alors qu'ici le mystère reste entier.
Le second est le traitement du fantastique. Nova-box glisse progressivement des éléments irréels dans un quotidien parfaitement ordinaire, sans cassure narrative. Le joueur sent que quelque chose cloche sans réussir à l'identifier, et c'est précisément le but. Le studio laisse chacun décider s'il accepte cette réalité étrange ou non.
Pourquoi la rotoscopie change tout
Côté forme, After the Wane se présente comme une succession de planches à dessin lues à travers des bulles de bande dessinée. Pas de gameplay classique, pas d'exploration, pas de doublage. Un format qui peut dérouter, mais qui sert le propos.
La grande nouveauté réside dans les animations. Certaines séquences de danse ont été réalisées en rotoscopie, une technique qui consiste à redessiner image par image des scènes tournées avec de vrais acteurs. Le résultat apporte une fluidité remarquable aux mouvements et donne au titre une identité visuelle quasi unique. Les décors parisiens, le métro, les quais de Seine, l'architecture de la capitale, sont retranscrits avec soin.
La bande-son est signée Illustason, collaborateur historique du studio, également basé à Bordeaux. Nova-box a annoncé que la musique officielle a été interprétée par la streameuse Marianne, connue sous le nom de LittleBigWhale.
Le jeu vidéo comme art, un argument qui traverse la filière
Nova-box ne vise pas les millions d'exemplaires. Le studio veut proposer des expériences qui font réfléchir et rappeler que le jeu vidéo est un art. C'est un débat qui traverse actuellement la filière : Le Monde vient de consacrer un long portrait aux créateurs de Zelda : Ocarina of Time, rappelant au passage l'ampleur artistique que peut revendiquer le médium, tandis que d'autres titres, comme Deer & Boy testé par MEGA Force Magazine, explorent la même piste du film interactif.
Le test de watson.ch relève toutefois un défaut : le système de symboles censé guider les trois routes n'est pas toujours clair, malgré les explications du tutoriel. On finit par répondre par automatisme et l'on peut louper une route sans le savoir. Une frustration mince face à la qualité d'ensemble, mais réelle pour les complétionnistes.
Ce qu'il faut retenir d'After the Wane
Le verdict du testeur est net : il s'agit d'une expérience à recommander, portée par des planches à l'aquarelle, une écriture soignée et des scènes de danse rotoscopées. On aurait aimé davantage de séquences chorégraphiques, mais le travail colossal que cela représente se comprend pour un studio de cette taille.
La sortie du 10 novembre s'annonce donc comme une date à retenir pour les amateurs de récits interactifs. Et, par-delà le plaisir de jeu, comme un rappel salutaire : dans une industrie de plus en plus industrialisée, quelques artisans défendent encore une conception exigeante et humaine de la création. C'est exactement le genre d'initiative qu'un journal libéral a le devoir de saluer.
Questions fréquentes
Quand sort After the Wane ?
Le jeu du studio français Nova-box sortira le 10 novembre.
Combien de temps dure After the Wane ?
Comptez entre 4 et 5 heures pour une première partie, et une dizaine d'heures pour terminer les trois routes du scénario.
Y a-t-il du gameplay dans After the Wane ?
Non, le titre se présente comme une bande dessinée interactive : le joueur avance à travers des planches dessinées et des bulles, sans explorer d'environnement.
Qui a composé la musique d'After the Wane ?
La bande-son a été composée par Illustason, studio bordelais déjà collaborateur de Nova-box, et la musique officielle a été interprétée par la streameuse Marianne, dite LittleBigWhale.