Redevance SSR: l'UDC dénonce un biais idéologique avant la votation de mars
À moins de trois mois de la votation sur l'initiative de réduction de moitié de la redevance SSR, prévue le 8 mars 2026, l'UDC intensifie sa campagne en dénonçant ce qu'elle considère comme des dérives éditoriales de la télévision publique suisse.
Deux émissions au cœur de la controverse
Le conseiller national UDC Thomas Matter a vivement critiqué deux émissions diffusées récemment par la SRF. La première concerne un reportage sur les manifestations contre un rassemblement de la jeunesse de l'AfD à Giessen, en Allemagne, où 50 policiers ont été blessés selon les autorités locales.
La correspondante de la SRF en Allemagne, Alexandra Gubser, avait qualifié ces protestations de "pacifiques" dans le Tagesschau, ce qui suscite l'indignation de l'UDC. "Qualifier de pacifiques des protestations ayant fait des dizaines de blessés témoigne d'une couverture extrêmement biaisée", estime Thomas Matter.
Plus problématique encore selon l'élu UDC, la déclaration de la journaliste selon laquelle "perturber un rassemblement parce que l'on ne partage pas une opinion politique n'a rien de démocratique".
Un historique de partialité présumée
Thomas Matter rappelle également les propos tenus par Alexandra Gubser en 2022, après la défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. La correspondante avait alors déclaré avoir "un poids en moins sur le cœur" et qu'une élection de la candidate du Rassemblement national aurait été un "cauchemar".
L'UDC annonce vouloir déposer une réclamation auprès de l'organe de médiation de la SSR concernant ces déclarations.
Un documentaire également visé
Le parti examine aussi une réclamation concernant le documentaire "Richter unter Druck - Wie unabhängig ist die Schweizer Justiz?", diffusé dimanche par la SRF. "L'UDC y est constamment critiquée, alors que son point de vue est nettement moins présent que celui de ses détracteurs", dénonce Thomas Matter.
La SRF se défend en précisant que le chef du groupe parlementaire UDC Thomas Aeschi avait refusé une demande d'interview, ce qui est "expliqué de manière transparente dans le film". Le conseiller national UDC Manfred Bühler, qui s'est exprimé à sa place, a pu "répondre aux critiques de manière détaillée et nuancée", selon la chaîne publique.
Reconnaissance partielle des erreurs
Concernant le reportage d'Alexandra Gubser, la SRF admet que la critique "n'est pas entièrement infondée". Le compte rendu et les formulations ont été "discutés en interne dans le cadre des retours réguliers sur l'émission". La phrase sur la "démocratie défensive" n'a pas été "placée de manière optimale" et "visait les manifestants pacifiques et non les lanceurs de pierres", précise la direction.
Vers un débat sur l'indépendance médiatique
Pour Thomas Matter, ces incidents révèlent un "fort penchant pour la gauche" persistant à la SRF, renforçant selon lui la nécessité de soutenir l'initiative de réduction de moitié. "Il faut briser le pouvoir de marché de la SSR afin qu'elle dispose de moins de moyens pour diffuser des idéologies", affirme-t-il.
Cette polémique illustre les enjeux démocratiques fondamentaux qui entoureront la votation de mars 2026, où les citoyens suisses devront se prononcer sur une réduction de la redevance de 335 à 200 francs, questionnant par là même le financement et l'indépendance du service public audiovisuel helvétique.