Rappel Nestlé : une gestion défaillante de la sécurité alimentaire
Le géant veveysan Nestlé fait face à une nouvelle controverse concernant la sécurité de ses produits destinés aux nourrissons. L'entreprise a procédé au rappel de son lait infantile Guigoz dans plusieurs pays européens, suite à la détection de la bactérie Bacillus cereus dans son usine néerlandaise de Nunspeet.
Un risque sanitaire préoccupant
Selon le réseau d'alerte européen RASFF, la présence de céréulide dans les préparations pour nourrissons représente un risque "potentiellement sérieux". Cette toxine, produite par la bactérie Bacillus cereus, a été détectée lors d'un autocontrôle dans l'usine néerlandaise, entièrement dédiée à la production de lait en poudre pour bébés.
L'usine de Nunspeet, rachetée par Nestlé en 1971, exporte ses produits vers environ 140 marchés mondiaux sous diverses marques : NAN, Nidina, AL110, Alfaré et Althéra. En Europe, ces produits sont commercialisés sous les appellations Guigoz, NAN Sensitive1, BEBA Optipro 1 ou encore Lactogen Harmony 1.
Une réaction tardive questionnée
L'organisation de défense des consommateurs Foodwatch dénonce "un risque inacceptable pour les nouveaux-nés" et s'interroge sur la rapidité de réaction de l'entreprise. Selon l'ONG, le lot concerné était commercialisé en France depuis le 22 octobre, soit près de deux mois avant le rappel officiel du 11 décembre.
"À nouveau, nous avons affaire à une grande entreprise qui semble avoir commercialisé des produits ayant exposé des bébés à un risque sanitaire pendant des semaines", déclare Camille Dorioz, directeur des campagnes chez Foodwatch.
La Suisse épargnée
L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) confirme qu'"aucun des produits concernés n'a été distribué en Suisse". La Confédération n'est donc pas impliquée dans cette action de rappel qui touche l'Italie, le Danemark, l'Espagne, la Pologne, la Suède, la Finlande, la Hongrie et la République tchèque.
Une porte-parole de Nestlé justifie cette mesure préventive par "une évaluation approfondie de la traçabilité", soulignant le caractère volontaire du rappel. Cette affaire soulève néanmoins des questions légitimes sur l'efficacité des systèmes de contrôle qualité des multinationales agroalimentaires et leur capacité à garantir la sécurité des produits destinés aux populations les plus vulnérables.