Le Nouveau-Mexique lance une commission d'enquête sur les activités d'Epstein
Plus de six ans après la mort de Jeffrey Epstein, l'État du Nouveau-Mexique s'apprête à créer une commission de vérité pour faire la lumière sur les activités du financier dans son ranch isolé de Zorro. Cette initiative parlementaire bipartisane illustre la nécessité de transparence et de justice face aux zones d'ombre persistantes de cette affaire.
Une démarche démocratique et transparente
Deux députées de la Chambre des représentants du Nouveau-Mexique, Andrea Romero et Marianna Anaya, toutes deux démocrates, proposent la création d'une commission dotée d'un budget de 2,5 millions de dollars. Cette initiative s'inscrit dans une démarche de gouvernance transparente, visant à établir les faits et prévenir de futurs abus.
Le ranch Zorro, acquis par Epstein en 1993 auprès de l'ancien gouverneur Bruce King, comprend une villa et une piste d'atterrissage privée située à 60 kilomètres au sud de Santa Fe. Cette propriété a été vendue en 2023, les fonds étant reversés aux créanciers de la succession.
Un processus juridique rigoureux
La commission ne pourra débuter ses travaux qu'après l'approbation de la chambre basse en janvier prochain. Un comité de surveillance interpartisan composé de quatre députés sera alors constitué. Les résultats de cette enquête ne sont pas attendus avant deux ans, témoignant de la volonté d'effectuer un travail approfondi et méticuleux.
Andrea Romero a souligné l'importance de cette démarche : "Cette commission va spécifiquement révéler la vérité sur ce que les représentants des autorités savaient, pourquoi les crimes n'ont pas été signalés ou l'ont été de manière insuffisante".
Des lacunes juridiques à combler
L'affaire révèle des défaillances dans le système juridique local. Contrairement à la Floride où il avait été condamné, Epstein n'était pas enregistré comme délinquant sexuel au Nouveau-Mexique, malgré sa condamnation antérieure. Cette situation soulève des questions sur l'efficacité des mécanismes de protection existants.
Le procureur général Raúl Torrez a déjà initié des enquêtes en 2023, aboutissant à des accords avec deux banques pour un montant de 17 millions de dollars destinés à la lutte contre le trafic d'êtres humains.
Un soutien bipartisan nuancé
Les réactions des élus témoignent d'un soutien prudent mais réel. La républicaine Andrea Reeb y voit "une occasion unique d'aider les victimes" et souligne le droit des citoyens du Nouveau-Mexique à connaître la vérité.
Cependant, certaines voix s'interrogent sur le calendrier de cette initiative, notamment en raison des liens passés entre Donald Trump et Epstein, soulevant des questions sur les motivations politiques de cette enquête.
Un enjeu de société civile
Cette commission s'inscrit dans un mouvement plus large de recherche de vérité et de justice. L'affaire Epstein continue de susciter l'intérêt public, notamment avec la publication récente des mémoires de Virginia Giuffre, qui ont atteint le sommet des ventes sur Amazon.
La démarche du Nouveau-Mexique illustre l'importance de la transparence démocratique et du respect des droits des victimes, valeurs fondamentales d'une société libre et responsable.