Maria Machado remet sa médaille Nobel à Trump : un geste symbolique au cœur des enjeux vénézuéliens
L'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado a annoncé avoir « offert » à Donald Trump la médaille de son prix Nobel de la paix lors de leur rencontre à la Maison Blanche jeudi. Ce geste symbolique intervient dans un contexte géopolitique complexe, où les États-Unis exercent désormais un contrôle direct sur le Venezuela après la capture de Nicolas Maduro.
Une rencontre diplomatique aux enjeux multiples
« J'ai offert au président des États-Unis la médaille du prix Nobel de la paix », a déclaré Mme Machado aux journalistes au Capitole. Interrogée sur le sort de la médaille, elle n'a pas précisé si le président américain l'avait conservée.
Le Nobel Peace Center d'Oslo a opportunément rappelé sur X que les lauréats disposent librement de leur médaille dorée, tout en soulignant qu'« une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d'un lauréat ».
Cette rencontre de deux heures, présentée officiellement comme une visite de courtoisie, s'est déroulée à huis clos. Elle illustre les contradictions de la position américaine : Donald Trump avait récemment estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n'était pas qualifiée pour diriger le pays.
Démocratie versus contrôle direct
« Je lui ai assuré que les Vénézuéliens voulaient vivre libres, dignement, dans la justice. Pour cela, il faut la démocratie », a souligné l'opposante. Cette déclaration contraste avec la stratégie actuelle de l'administration Trump, qui écarte pour l'instant l'organisation d'élections et préfère « dicter » les décisions à l'équipe dirigeante restée en place à Caracas.
Parallèlement, Donald Trump entretient des relations privilégiées avec Delcy Rodriguez, présidente par intérim qu'il qualifie de « personne formidable » après leur « longue conversation » de mercredi.
Les enjeux pétroliers au cœur de la stratégie
L'intervention américaine au Venezuela s'articule autour du contrôle des ressources énergétiques. Les États-Unis ont finalisé leur première vente de pétrole vénézuélien depuis leur prise de contrôle du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars. Simultanément, ils ont saisi un sixième pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes.
Le défi reste considérable : convaincre les multinationales pétrolières, souvent réticentes, d'investir massivement dans les infrastructures dégradées du pays. Le Venezuela dispose pourtant des plus grandes réserves mondiales avec 303 221 millions de barils selon l'OPEP, devant l'Arabie saoudite et l'Iran.
Après des années de mauvaise gestion ayant fait chuter la production d'un pic de 3 millions de barils par jour à 350 000 en 2020, le pays a redressé sa production à 930 000 barils par jour en 2025, avec un objectif actuel de 1,2 million selon les autorités.
Cette situation soulève des questions fondamentales sur l'équilibre entre ingérence extérieure et aspirations démocratiques légitimes d'un peuple, un débat qui résonne particulièrement dans le contexte des valeurs helvétiques de neutralité et de respect du droit international.