Primé à Cannes puis triplement récompensé à Annecy, « Le Corset » de Louis Clichy est à l'affiche des salles romandes depuis le 14 octobre 2026. Le réalisateur français y raconte, en animation 2D, l'adolescence entravée d'un garçon contraint de porter un corset médical dans une ferme des années 1980.
C'est le film le plus intime du cinéaste, ancien de Pixar et codirecteur des deux volets animés d'Astérix avec Alexandre Astier. Selon rts.ch, Clichy a lui-même grandi dans le monde agricole et a porté un corset de ses 16 à ses 23 ans, un épisode qu'il a rajeuni pour l'écran, comme il l'a confié à 20 minutes.
De la Beauce à l'écran : un récit initiatique largement autobiographique
Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père, agriculteur dans la Beauce. À l'école, sur le tracteur, il penche et tombe. Le corset doit le tenir droit. C'est le point de départ d'un récit d'apprentissage où la contrainte physique double une contrainte sociale, celle d'un milieu rural que le réalisateur décrit comme un carcan.
« J'ai voulu en témoigner au moment du passage à l'adolescence », explique le cinéaste dans Vertigo du 15 octobre. Le choix de la décennie n'est pas décoratif. Les années 1980 marquent, selon lui, le tournant de la modernisation agricole vers les monocultures et le modèle économique qui domine encore aujourd'hui. « L'idée, c'était juste de ramener très légèrement les années 1980, par bribes », précise-t-il.
Pourquoi raconter le handicap par l'animation ?
Le détour par le dessin animé permet d'aborder la souffrance sans l'alourdir. Les chutes de Christophe suscitent le rire, burlesque oblige, tout en rappelant la fragilité du corps. « C'est assez drôle de voir cet enfant tomber, mais forcément, on souffre un peu avec lui », observe Louis Clichy, qui revendique l'héritage de Buster Keaton et Charlie Chaplin.
Cette tension entre gravité et légèreté traverse tout le film. France Inter souligne d'ailleurs une œuvre « tout en finesse » qui touche « par l'intelligence de son propos et par ses couleurs ».
