Iran : la terreur systématique de la potence au service du pouvoir
L'interruption de dernière minute d'une frappe américaine contre l'Iran par Donald Trump révèle l'ampleur de la répression en cours dans la République islamique. Malgré les déclarations du président américain affirmant que "ils ont cessé de tuer", la réalité sur le terrain demeure préoccupante pour les défenseurs des droits humains.
Une répression d'une violence inédite
Les estimations du nombre de victimes de la répression gouvernementale varient considérablement : de quelques centaines selon le ministère iranien des Affaires étrangères à plus de 3428 selon l'ONG Iran Human Rights (IHR). Cette disparité des chiffres souligne la difficulté d'établir un bilan précis dans un contexte de censure et de contrôle de l'information.
Selon Diako Shafiei, journaliste irano-kurde établi en Suisse, "le régime réprime les manifestants bien plus durement que lors des mobilisations pour les droits des femmes en 2022". Cette escalade de la violence révèle la fragilité croissante du système politique iranien face aux contestations populaires.
La peine capitale comme instrument de terreur
L'arsenal répressif du régime repose largement sur l'usage systématique de la peine de mort. En 2024, les organisations de défense des droits humains ont recensé 2167 exécutions, dont une partie significative par pendaison publique. Cette pratique, menée parfois devant des foules incluant des enfants, constitue un instrument de dissuasion particulièrement brutal.
Les unités Bassidj, composées de jeunes hommes loyaux au régime, participent activement à cette répression en encerclant, frappant et arrêtant les manifestants. Selon l'organisation HRANA, près de 18000 personnes ont disparu dans les prisons iraniennes depuis le début de l'année, beaucoup risquant la peine capitale pour leur participation aux manifestations.
Des cas emblématiques de l'arbitraire judiciaire
L'affaire de Zahra Esmaili illustre l'absurdité du système judiciaire iranien : condamnée à mort, elle décède d'un arrêt cardiaque en prison en février 2021, mais sa condamnation à la potence reste maintenue. Le cas d'Ahmad Alizadeh révèle également la cruauté du système : après une première exécution interrompue grâce au pardon de la famille de la victime, il fut finalement pendu une seconde fois.
Une population qui résiste malgré la terreur
Paradoxalement, cette violence extrême n'a pas découragé les manifestations. Pour Diako Shafiei, cette résistance populaire témoigne d'une crise existentielle du régime : "L'existence même du régime est menacée. Même s'ils parviennent à étouffer les protestations, la colère liée à la situation économique catastrophique ne cesse de grandir".
Cette analyse suggère qu'à moyen terme, une nouvelle génération d'opposants pourrait émerger, potentiellement moins sensible à l'intimidation par la terreur des potences. La question demeure de savoir si les institutions internationales et les démocraties occidentales sauront accompagner cette évolution vers plus de liberté et de respect des droits humains.
La situation iranienne pose également des questions fondamentales sur l'efficacité des sanctions et de la diplomatie internationale face à un régime qui fait de la violence d'État un pilier de sa gouvernance.