Iran : la terreur systématique de la peine capitale
Les récentes déclarations du président américain Donald Trump concernant l'arrêt supposé des exécutions en Iran soulèvent des interrogations légitimes sur la réalité de la situation dans la République islamique. Selon des experts établis en Suisse, cette affirmation mérite d'être examinée avec la plus grande prudence.
Un système répressif d'une brutalité exceptionnelle
Le journaliste irano-kurde Diako Shafiei, réfugié en Suisse, apporte un éclairage particulièrement préoccupant sur la situation. Selon ses analyses, les exécutions publiques constituent un élément central du système de contrôle politique iranien, dépassant en intensité les répressions observées lors des manifestations pour les droits des femmes de 2022.
Les estimations du nombre de victimes varient considérablement selon les sources : le ministère iranien des Affaires étrangères évoque quelques centaines de morts, tandis que l'ONG Iran Human Rights (IHR) fait état de plus de 3428 décès. Cette disparité révèle l'opacité entourant la répression gouvernementale.
Un arsenal répressif sophistiqué
L'organisation de défense des droits humains HRANA documente la disparition de près de 18'000 personnes dans les prisons du régime depuis le début de l'année. Les unités Bassidj, composées de jeunes hommes loyaux au régime, orchestrent cette répression par des arrestations systématiques et des violences de rue.
La peine de mort menace désormais les participants aux manifestations, parfois pour des actes aussi anodins que l'utilisation du réseau internet Starlink. Cette escalade révèle une stratégie délibérée de terrorisation de la population civile.
Des statistiques alarmantes
Les organisations de défense des droits humains recensent 2167 exécutions en Iran l'année dernière, dont une majorité par pendaison. Dix de ces exécutions ont eu lieu publiquement, devant des foules incluant des enfants. Les condamnés sont parfois hissés à des grues de chantier, illustrant la dimension spectaculaire de cette violence d'État.
Les cas documentés de Zahra Esmaili, pendue après sa mort naturelle en prison, et d'Ahmad Alizadeh, exécuté deux fois, témoignent de l'implacabilité du système judiciaire iranien.
Une résistance persistante malgré la répression
Paradoxalement, cette violence extrême n'a pas découragé la mobilisation populaire. Selon Diako Shafiei, cette persistance révèle une crise existentielle du régime : "Même s'ils parviennent à étouffer les protestations, la colère liée à la situation économique catastrophique ne cesse de grandir."
Cette analyse suggère que la terreur, malgré son intensité, pourrait paradoxalement affaiblir le régime à long terme, en radicalisant une nouvelle génération d'opposants que même la menace de la potence ne suffirait plus à intimider.
Implications pour la diplomatie internationale
Ces développements soulèvent des questions fondamentales sur l'efficacité des approches diplomatiques traditionnelles face à un régime recourant systématiquement à la violence létale contre sa propre population. La communauté internationale se trouve confrontée à un défi majeur : comment répondre à cette escalade répressive tout en préservant les canaux de dialogue nécessaires à une désescalade.
L'expertise suisse en matière de médiation et de protection des droits humains pourrait s'avérer précieuse dans ce contexte, particulièrement pour documenter ces violations et soutenir les organisations de défense des droits humains qui œuvrent dans des conditions extrêmement périlleuses.