Hong Kong : Chloe Cheung appelle à la pression internationale pour la démocratie
Chloe Cheung, la plus jeune militante recherchée par le gouvernement chinois pour son engagement prodémocratie à Hong Kong, fait l'objet d'un mandat d'arrêt assorti d'une prime d'un million de dollars hongkongais, soit près de 100'000 francs suisses. De passage à Genève pour le Sommet pour les droits humains et la démocratie, elle a livré un témoignage saisissant sur la situation des libertés dans l'ancienne colonie britannique.
Un exil sous surveillance constante
Vivant désormais en exil à Londres, Chloe Cheung poursuit son engagement malgré les menaces. Le mandat d'arrêt émis par la police de Hong Kong affiche une photographie d'elle prise lorsqu'elle n'avait que 11 ans, témoignage troublant de la précocité de sa surveillance par les autorités.
"Les autorités de Hong Kong ont mis ma tête à prix pour un million de dollars hongkongais en décembre 2024. Depuis, je vis au Royaume-Uni, mais à Londres, j'ai été suivie, harcelée, intimidée", explique la jeune femme. "Les autorités utilisent différentes tactiques pour essayer de me faire taire."
Cette situation soulève des questions fondamentales sur la capacité des démocraties occidentales à protéger efficacement les dissidents politiques face aux pressions d'États autoritaires. La militante dénonce l'attitude du gouvernement britannique, qu'elle juge trop soucieuse de préserver ses relations diplomatiques et économiques avec Pékin.
Un engagement né de la défense des libertés fondamentales
Chloe Cheung a rejoint les manifestations de 2019 à l'âge de quatorze ans, d'abord par curiosité, puis par conviction après avoir compris les enjeux du projet de loi sur l'extradition. "Quand j'ai appris que le gouvernement voulait instaurer un traité d'extradition vers la Chine, j'ai compris que quelque chose n'allait pas et que je devais me lever pour protéger ma maison", témoigne-t-elle.
La référence au massacre de Tiananmen a particulièrement marqué sa prise de conscience politique, illustrant la transmission mémorielle des luttes démocratiques chinoises.
L'illusion de la normalité selon Pékin
Selon la militante, les autorités hongkongaises entretiennent délibérément l'illusion d'une normalité économique et politique. "Les autorités nous ont promis la liberté d'expression, de la presse et de réunion à Hong Kong. Mais elles sont en train de ruiner toutes ces promesses : elles arrêtent les dissidents et tous ceux qui s'expriment contre elles", dénonce-t-elle.
Cette stratégie vise à rassurer les partenaires internationaux tout en réprimant systématiquement toute forme d'opposition interne.
Le rôle crucial de la pression internationale
Chloe Cheung plaide pour une intensification de la pression internationale sur les autorités hongkongaises et chinoises. "Il est difficile de dire ce qui pourrait apporter la liberté démocratique à Hong Kong, mais je pense que la pression internationale serait très importante pour demander des comptes aux autorités", souligne-t-elle.
Elle appelle notamment les pays démocratiques, dont la Suisse, à conditionner leurs relations commerciales et diplomatiques au respect des droits humains. Cette approche pragmatique s'inscrit dans une logique de responsabilité partagée des démocraties face aux dérives autoritaires.
"C'est d'ailleurs pour cela que je suis ici aujourd'hui : pour demander à chacun de soutenir le mouvement démocratique et de mettre les autorités face à leurs responsabilités", conclut la jeune militante.
Le témoignage de Chloe Cheung illustre les défis contemporains de la défense des libertés dans un monde où les régimes autoritaires étendent leur influence bien au-delà de leurs frontières. Il souligne également la nécessité d'une réponse coordonnée des démocraties pour protéger efficacement les défenseurs des droits humains.