Burnham promet un État plus actif et une refonte du système social
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a prononcé mardi son premier grand discours de chef du gouvernement lors du congrès annuel du Labour à Liverpool. Il y a défendu un réengagement de l'État dans les services essentiels, notamment l'eau et l'énergie, et annoncé une vaste réforme du système social et des retraites.
Devant une salle enthousiaste, le dirigeant de 56 ans a promis de « rompre » avec les gouvernements précédents, qu'il accuse d'avoir mis le Royaume-Uni sur « un mauvais chemin ». L'émotion a gagné l'assistance lorsqu'il a évoqué son père, décédé plus tôt ce mois-ci, retenant difficilement ses larmes.
Un programme tourné vers 2029
Arrivé au pouvoir en juillet, Andy Burnham a présenté un projet très attendu. « Nous ferons en sorte que le pays fonctionne de nouveau pour vous », a-t-il lancé. Concrètement, il s'engage à accorder « davantage de contrôle » aux pouvoirs publics sur les services essentiels, à lancer un vaste programme de logements sociaux, à créer une entité publique pour gérer le réseau électrique et à légiférer pour permettre la nationalisation des services d'eau.
Le Premier ministre reste toutefois contraint par le programme de son prédécesseur, Keir Starmer, alors que son premier budget est attendu fin octobre dans un contexte économique difficile. Son discours, aux accents de campagne, s'est donc largement projeté vers les prochaines élections, prévues en 2029.
Une réforme sociale sur le modèle du NHS
Andy Burnham a notamment annoncé son intention de travailler à une vaste réforme du système social, en s'inspirant du modèle du NHS, le système de santé public et gratuit financé par l'impôt.
Des « options » pour la relation avec l'UE
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre proposera « différentes options » pour les relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne lors d'un sommet bilatéral prévu d'ici la fin de l'année. « Nous ne mettrons pas le Royaume-Uni sur la voie claire dont nous avons besoin (...) tant que nous n'aurons pas décidé la relation de long terme » avec l'UE, a-t-il affirmé.
Rappelant que l'UE demeure le principal partenaire commercial du Royaume-Uni, Andy Burnham a estimé que le Brexit avait « fait plus de mal que de bien ». « Nous devons rétablir un niveau plus élevé de croissance et de prospérité pour le Royaume-Uni », a-t-il ajouté.
Reform UK en tête des sondages
Le contexte politique reste tendu pour le Labour. Si le parti s'est hissé en tête des intentions de vote après l'arrivée d'Andy Burnham, le parti nationaliste Reform UK est désormais devant (25% contre 24%) dans un sondage YouGov publié mardi, alors que l'immigration constitue l'une des principales préoccupations de la population.
Sur ce thème, le Premier ministre a pointé la responsabilité du Brexit et, par extension, de ses promoteurs, dont le chef de Reform UK, Nigel Farage. Il a toutefois dit « comprendre la colère » au sujet des arrivées clandestines de migrants par la Manche, tout en notant qu'elles ont baissé de 40% cette année.
Quel est le calendrier budgétaire d'Andy Burnham ?
Le premier budget du nouveau gouvernement est prévu fin octobre. Il devra composer avec un contexte économique difficile et les engagements hérités de l'administration précédente.
Quelles sont les priorités diplomatiques du Premier ministre ?
Andy Burnham souhaite redéfinir la relation de long terme avec l'Union européenne. Un sommet bilatéral est prévu d'ici la fin de l'année pour examiner « différentes options ».
Comment le Labour compte-t-il répondre à la montée de Reform UK ?
Le gouvernement mise sur une action visible dans les services essentiels et une réforme sociale ambitieuse. Sur l'immigration, il met en avant la baisse de 40% des traversées de la Manche cette année.