Peter Mandelson arrêté puis libéré dans l'affaire Epstein
L'ancien ambassadeur britannique à Washington Peter Mandelson a été arrêté lundi soir avant d'être remis en liberté sous caution. Cette arrestation intervient dans le cadre de l'enquête sur ses liens présumés avec le financier américain Jeffrey Epstein.
Des soupçons de manquements professionnels
La police londonienne a confirmé mardi matin qu'un homme de 72 ans avait été "arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l'exercice de ses fonctions publiques". Selon l'agence Press Association, il s'agit bien de Lord Mandelson, figure emblématique de la politique britannique.
Les accusations portent sur une possible transmission d'informations sensibles à Jeffrey Epstein, susceptibles d'influencer les marchés financiers. Ces faits auraient eu lieu entre 2008 et 2010, lorsque Mandelson occupait un poste ministériel dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown.
Des documents compromettants
Les révélations s'appuient sur des documents issus des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces pièces suggèrent également que Mandelson aurait reçu 75'000 dollars du financier en 2003 et 2004, versements dont il affirme n'avoir "ni trace ni souvenir".
La police avait déjà perquisitionné début février deux résidences de l'ancien ministre, l'une à Londres près de Regent's Park, l'autre dans le Wiltshire.
Un gouvernement fragilisé
Cette affaire ébranle sérieusement le gouvernement de Keir Starmer. Le Premier ministre travailliste est accusé d'avoir nommé Mandelson ambassadeur à Washington fin 2024, malgré sa connaissance des liens entre ce dernier et Epstein.
Starmer avait déjà rappelé Mandelson de son poste en septembre 2025 suite à de nouvelles révélations. Il a depuis présenté ses excuses publiques, notamment aux victimes, et vu démissionner son chef de cabinet ainsi que son directeur de la communication.
Vers une transparence totale
Face à la pression, le gouvernement s'est engagé à publier l'intégralité des documents relatifs à la nomination et à la révocation de Mandelson. Plus de 100'000 documents sont concernés, incluant les échanges électroniques entre l'ex-ambassadeur et l'exécutif.
Une première tranche devrait être rendue publique début mars, après filtrage par une commission parlementaire chargée d'évaluer les risques pour la sécurité nationale.
Depuis le début de l'enquête, Peter Mandelson garde le silence. Son porte-parole a néanmoins exprimé ses "regrets" d'avoir "cru aux mensonges d'Epstein" et sa "profonde tristesse" pour les victimes qui "n'ont pas bénéficié de la protection qu'elles méritaient".