Le D! Club de Lausanne célèbre ce mois d'octobre ses trente ans d'existence. Une longévité exceptionnelle dans l'univers de la nuit, portée par Thierry Wegmüller, directeur depuis vingt-trois ans, qui a transformé l'établissement en véritable institution romande.
Le 19 octobre 1996, lors de l'inauguration de la boîte de nuit, Thierry Wegmüller n'était qu'un invité parmi d'autres. «Au bar, j'ai regardé la foule, j'ai regardé le monde autour de moi. Je me suis dit: Jamais!», se souvient-il avec ironie dans l'émission Forum du 1er octobre. Sept ans plus tard, il prenait pourtant les commandes du club pour ne plus jamais les lâcher. «Vingt-trois ans plus tard, on est toujours là», sourit-il.
Une gestion inspirée de la table de mixage
Pour son directeur, piloter un club s'apparente à une console audio. «J'ai toujours assimilé le fait de gérer un club à une table de mixage, où il y a des curseurs à bouger en permanence», explique-t-il. Sa ligne de conduite: la curiosité, l'anticipation et l'art de se réinventer sans cesse.
Le D! Club n'a jamais craint de bousculer les habitudes. À une époque où le lieu était un bastion électronique, Thierry Wegmüller a ouvert ses portes aux musiques urbaines. «Ça a été passablement décrié», rappelle-t-il, avant que l'histoire ne lui donne raison. Les platines du club ont vu défiler des légendes, de Grandmaster Flash à Cut Killer, en passant par les Marseillais d'IAM. En ajoutant du live et de l'humour, le club a brisé les cloisons et redéfini les contours de la fête en Suisse romande.
Des tempêtes traversées avec responsabilité
Trente années de fête ne s'écoulent pas sans secousses. La crise du Covid-19 a plongé les clubs dans un silence forcé et inédit. «On est les seuls à être restés fermés aussi longtemps», confie Thierry Wegmüller. Une période sombre qui a vu naître de nouveaux collectifs et des soirées urbaines.
Le club a également dû faire face aux drames qui ont ébranlé le milieu festif, comme les événements de Crans-Montana. Au fil des ans, il a constamment renforcé ses exigences en matière de sécurité. «La sécurité, c'est un point-clé. On a constaté une augmentation drastique des agents de sécurité en quinze ou vingt ans», précise le directeur.
Le D! Club face à la Génération Z
Trente ans après l'ouverture, les enfants des premiers clubbers foulent désormais le dancefloor. Thierry Wegmüller observe chez la Génération Z une baisse de la consommation d'alcool et une quête d'«expériences plus vraies». «Cette jeunesse est beaucoup plus curieuse, plus sélective», note-t-il.
À Lausanne, le D! Club n'est pas seulement un lieu de fête. C'est un témoin du temps, un laboratoire des tendances et un refuge pour les oiseaux de nuit de tous les âges. «On est heureux, trente ans, ce n'est pas tous les jours», conclut Thierry Wegmüller.
Une programmation anniversaire
Tout le mois d'octobre, le D! Club propose une programmation qui raconte son passé et dessine son avenir. Point culminant: le 19 octobre 2026, exactement trente ans jour pour jour après son ouverture, avec les concerts de Grandmaster Flash, Stress, Al-Walid et Vincz Lee.
Propos recueillis par Thibaut Schaller et Guillaume Rey
