La Plage des Six Pompes retrouve la Place du Marché
Le festival de rue La Plage des Six Pompes tiendra sa prochaine édition du 3 au 8 août à La Chaux-de-Fonds. L'événement renoue avec son ancrage historique sur la Place du Marché, après de longues tractations avec la municipalité et les acteurs économiques locaux. Au programme, plus de 125 représentations portées par 55 compagnies, avec un accent particulier sur les solos de rue, le jeune public et les projets circassiens déjantés.
Retour au centre après âpres négociations
La reconquête de la Place du Marché n'a pas été une mince affaire pour les organisateurs. Il a fallu quatre mois de discussions avec la Ville pour sécuriser ce lieu emblématique et définir les modalités de cohabitation avec les tenanciers de terrasses.
La Plage est un oiseau migrateur, qui à l'image des cigognes s'est fait voler son nid originel par des coucous,
a déclaré mardi Manu Moser, programmateur de l'événement.
Face aux contraintes budgétaires et aux travaux rendant le site de Beau-Site peu propice cette année, la direction a fait le choix pragmatique de la rationalisation. L'abandon de la grande scène de Beau-Site permet de concentrer les moyens sur la Place du Marché, géographiquement plus proche des autres lieux du festival et financièrement plus viable.
On ne pouvait pas financièrement avoir deux grandes scènes,
a souligné Manu Moser.
Un équilibre économique sous tension
Le budget de cette édition 2026 franchit le cap du million de francs. Son financement repose sur un modèle équilibré : 40% provient des recettes de stands et bars, 40% de soutiens institutionnels et 20% du sponsoring privé. Une répartition qui démontre la capacité du festival à générer de la valeur, mais qui reste fragile face aux réalités du marché.
Pauline Bessire, directrice du festival, alerte sur la pression croissante pesant sur l'écosystème culturel.
Même si la manifestation rayonne au-delà des frontières, l'équilibre financier devient de plus en plus difficile, avec des baisses de revenus et une hausse des charges (sécurité, énergie, transport),
a-t-elle précisé. Les organisateurs rappellent également que la densification urbaine, au détriment des espaces de jeu libres, introduit une incertitude structurelle quant à l'avenir de telles manifestations sur le domaine public.
Innovation citoyenne et économie de marché
Fidèle à l'esprit de liberté qui l'anime, le festival conserve son accès libre et repose sur la rémunération au chapeau. Depuis la tempête de 2023 qui avait forcé l'annulation de l'événement, une session minimale est garantie aux artistes pour chaque représentation, assurant un filet de sécurité essentiel à la création.
Côté innovation, le public pourra verser sa contribution via un e-chapeau numérique, accessible par application ou site internet. Pour les consommations au bar, le festival innove en acceptant l'Abeille, la monnaie locale chaux-de-fonnière. Une initiative qui valorise l'indépendance et la circulation de la richesse à l'échelle locale.
Adaptation pragmatique du programme
La programmation 2026 se caractérise par une diversité thématique reflétant les questionnements contemporains, abordant des sujets comme le deuil, la rage, la grossophobie ou encore l'amour sous toutes ses formes.
L'édition propose une part plus importante de monologues, ou solos de rue. Une évolution que Manu Moser analyse avec pragmatisme.
C'est une mode en France et en Belgique liée au manque d'argent pour la culture. Quand on est seul, il n'y a pas besoin de se partager la recette,
a-t-il expliqué.
Trois créations ciblent spécifiquement le jeune public, dont un spectacle olfactif pensé pour les enfants dès six mois. Le coup de cœur du programmateur va au spectacle