La conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz a officialisé jeudi 15 octobre 2026 sa candidature au Conseil fédéral pour succéder à Guy Parmelin. Elle est la première personnalité à franchir le pas depuis l'annonce de la démission du conseiller fédéral vaudois.
Selon la RTS, la vice-présidente de l'UDC a présenté sa candidature lors d'une conférence de presse organisée à l'hôtel Warwick de Genève, comme le veut la tradition par l'intermédiaire de sa section cantonale. Son nom circulait avec insistance depuis l'annonce du départ de Parmelin, relève Le Matin.
Un parcours semé d'obstacles jusqu'à l'élection
Le calendrier est serré et le chemin balisé. Les sections cantonales de l'UDC ont jusqu'au 23 octobre pour présenter leurs candidatures. La commission de sélection du parti procédera ensuite à des auditions, avant que le groupe parlementaire n'arrête son ticket le 20 novembre.
«Nous avons beaucoup d'obstacles à franchir. Nous devons d'abord convaincre la commission de sélection, puis le parti et enfin les autres parlementaires», a reconnu Céline Amaudruz jeudi dans l'émission Forum de la RTS. «Le chemin est long, mais lorsque l'on s'engage pour une telle responsabilité, ce sont les règles du jeu.»
La candidate sait qu'elle sera d'abord en concurrence avec d'autres personnalités de sa propre formation. Elle promet une campagne interne menée «avec respect et loyauté».
«J'espère convaincre avec mes compétences politiques et professionnelles, et non en rabaissant ou en dénigrant personnellement mon voisin. C'est une façon de faire dans laquelle je ne rentrerai pas», a-t-elle affirmé.
Une décision mûrie en un week-end
La Genevoise affirme avoir arrêté sa décision durant le week-end précédant son annonce. La démission de Guy Parmelin a représenté, dit-elle, «une très grande surprise». Elle a dû peser le moment opportun pour elle, pour sa famille, son activité professionnelle et sa carrière politique.
Elle conteste avoir préparé cette candidature depuis des années. «Entre le fait de l'envisager et celui de passer à l'action, il y a un monde», souligne-t-elle.
«Je suis particulièrement heureuse dans mon activité professionnelle, dans ma vie familiale et dans mon rôle de conseillère nationale. Mais j'aime la Suisse, j'aime les habitants de notre pays et j'ai envie de servir l'intérêt public de manière encore plus active», a-t-elle ajouté.
La question de la maternité relancée
L'entretien a aussi abordé un sujet qui n'aurait jamais dû être soulevé : des collègues ont récemment estimé qu'une mère de deux jeunes enfants ne pouvait pas assumer une telle fonction. La candidate juge ces propos «désespérants» et «inacceptables».
«Personne n'a le droit de dire qui est une bonne ou une mauvaise maman. Je suis une bonne maman. Et ce n'est pas parce que je travaille que je suis une mauvaise maman», a-t-elle répondu.
Un tel raisonnement reviendrait à considérer toute femme exerçant une activité professionnelle comme une mauvaise mère, et donc à exclure les femmes des postes à responsabilités. L'argument ne tient pas une seconde : de nombreux parents doivent travailler tous les deux pour boucler leurs fins de mois, rappelle Amaudruz. Sur ce point au moins, libéraux et démocrates peuvent converger : les qualifications d'un candidat se jugent sur ses compétences, pas sur sa situation familiale.
La Romandie doit être sur le ticket
Sur le fond, la candidate défend avec insistance la présence d'une personnalité romande sur le ticket final de l'UDC. L'argument a du poids.
«La Suisse romande doit être sur le ticket. C'est de la responsabilité du plus grand parti de Suisse et c'est une question de cohésion nationale», a-t-elle affirmé, relevant que la population romande représente environ un quart du pays.
Ce plaidoyer rejoint un principe ancien de la magie conjugale helvétique : la représentation des régions linguistiques au sein du gouvernement n'est pas un luxe statistique, mais une condition du contrat fédéral. Que la candidature vienne de l'UDC, parti souvent décrit comme le plus centralisé, donne à l'argument une force particulière.
Ligne dure ou ligne médiane ?
Interrogée sur son positionnement, parfois décrit comme appartenant à l'aile dure de l'UDC, elle retourne l'étiquette : son parti lui reproche au contraire d'être trop à gauche sur certaines questions de société. Elle se dit en accord avec sa formation sur les thèmes qui constituent son «ADN».
Si elle était élue, elle entendrait défendre ses positions au sein du gouvernement, avant de respecter le principe de collégialité. «Une fois que nous aurons débattu et qu'une décision aura été prise, il faudra se rallier et défendre la position du Conseil fédéral», a-t-elle assuré.
La suite des événements est désormais entre les mains des sections cantonales de l'UDC, qui doivent rendre leurs candidatures d'ici au 23 octobre. Le groupe parlementaire tranchera le 20 novembre, avant l'élection par le Parlement réuni en session.
Questions fréquentes
Qui remplace Guy Parmelin au Conseil fédéral ?
Céline Amaudruz est la première candidate officielle à la succession du conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin. D'autres candidatures sont attendues au sein de l'UDC d'ici au 23 octobre 2026.
Comment l'UDC choisit-elle son ticket pour le Conseil fédéral ?
Les sections cantonales présentent leurs candidatures jusqu'au 23 octobre, la commission de sélection du parti auditionne les candidats, puis le groupe parlementaire UDC arrête son ticket le 20 novembre 2026.
Céline Amaudruz est-elle la candidate officielle de l'UDC ?
Non. Elle est la première personnalité à avoir officiellement annoncé sa candidature, mais le parti n'a pas encore désigné son ticket final.
