Violences domestiques : à Fribourg, un refuge discret face à l'urgence
À Fribourg, une maison d'accueil d'urgence a hébergé l'an dernier 62 femmes et 60 enfants fuyant des violences domestiques. Ses sept chambres affichent un taux d'occupation de 80 à 90%, signe d'un besoin persistant dans le canton.
Un lieu tenu secret pour garantir la sécurité des résidentes
L'adresse de cette structure est tenue confidentielle, et toute prise de vue extérieure est interdite. La priorité absolue demeure la protection des femmes et de leurs enfants, souvent arrivés dans un état de choc profond. Louisa Schouwey, collaboratrice de nuit, observe : « Elles ont besoin de quelques heures, voire d'une nuit, avant de réaliser ce qui leur arrive. »
Un séjour limité pour préparer la reconstruction
Le séjour est en principe plafonné à 35 jours. Ce délai, parfois écourté ou prolongé selon les situations, permet aux intervenantes d'évaluer les risques résiduels et de tisser un réseau autour de femmes fréquemment isolées. Nathalie Schafer, intervenante pour le service d'aide aux victimes LAVI, précise : « C'est un travail à moyen et long terme qui commence ici. » Un accompagnement psychologique spécialisé peut être déployé pour poursuivre le suivi après le départ, avec l'objectif d'un retour progressif à l'autonomie.
Recréer une normalité pour les mères et les enfants
La reconstruction passe aussi par des gestes simples. Une fois par semaine, résidentes, enfants et collaboratrices partagent un repas. Katia Trechsel, intervenante psycho-sociale, souligne l'importance de ces « échanges informels qui créent du lien et renforcent un sentiment d'appartenance ». Les enfants font l'objet d'une vigilance particulière : certaines mères taisent les violences pour les protéger, mais les intervenantes cherchent à mettre des mots sur ce qu'ils ont vécu. « Vivre dans un climat de terreur permanent au sein d'un foyer censé représenter un lieu de sécurité entraîne un déséquilibre psychique, émotionnel ou social », avertit-elle. L'objectif est aussi de briser le cycle de la violence pour les générations futures.
Une sortie semée d'incertitudes, mais un espoir tangible
Quitter ce cocon reste un moment délicat. Une résidente sur le départ témoigne anonymement : « Je suis ici en ce moment, mais je ne sais pas à quoi ressemblera mon futur. Cela m'inquiète. » Elle sait devoir retrouver son autonomie, tout en pouvant compter sur des proches désormais présents.
Eleonora Paolini, ancienne victime de violences conjugales, a trouvé refuge dans cette maison après une tentative de suicide, il y a trois ans. Sa reconstruction se poursuit encore. « Je ne dis pas que c'est facile. J'ai des rechutes. Je suis humaine. Mais on peut y arriver ! » assure-t-elle. Un message d'espoir, alors que les sept chambres de la structure restent occupées à 80 ou 90%.
FAQ : Questions fréquentes sur les violences domestiques à Fribourg
Qui contacter en cas de violences domestiques dans le canton de Fribourg ?
Le Service d'aide aux victimes SAVI est joignable au 032 889 66 49. Le site violencequefaire.ch fournit également des ressources et orientations.
Quelle est la durée maximale de séjour dans une maison d'accueil d'urgence ?
Le séjour est en principe limité à 35 jours, mais peut être adapté selon les situations individuelles et les besoins de sécurité.
Comment les enfants sont-ils pris en charge dans ces structures ?
Des intervenantes psycho-sociales dédiées accompagnent les enfants, en mettant des mots sur les violences vécues et en travaillant à prévenir la reproduction des mécanismes violents.