Marco Odermatt encore battu sur la Streif de Kitzbühel
La mythique Streif de Kitzbühel continue de résister à Marco Odermatt. Le champion nidwaldien a dû se contenter de la deuxième place lors de la descente de samedi, devancé de sept centièmes par l'Italien Giovanni Franzoni dans une course d'une intensité remarquable.
Une constante frustrante pour le champion suisse
Cette nouvelle deuxième place s'inscrit dans une série révélatrice : après 2022 et 2024, Marco Odermatt retrouve la même marche du podium en 2026. Une régularité qui témoigne certes de son excellence, mais qui souligne également la difficulté particulière que représente cette piste légendaire pour le skieur d'Hergiswil.
Pourtant vainqueur du Super-G la veille et leader incontesté de la Coupe du monde avec 53 victoires à son actif, Odermatt avait placé cette descente parmi ses objectifs prioritaires de la saison. Sa performance, techniquement irréprochable, n'a pas suffi face à un Franzoni en état de grâce.
L'analyse technique d'une défaite amère
L'écart s'est creusé principalement dans le cinquième secteur, où Odermatt a concédé 17 centièmes à son rival italien. Dans le célèbre passage du Steilhang, le Suisse n'a devancé Franzoni que de 15 centièmes, là où il aurait fallu reproduire la performance exceptionnelle de Maxence Muzaton, qui avait collé 48 centièmes au futur vainqueur dans ce secteur décisif.
« C'est dur, j'ai tout donné », a confié Odermatt au micro de la télévision suisse. « C'était ma meilleure manche sur la Streif et c'est pour ça que ça fait encore plus mal. Quand il manque si peu, ça fait mal. Pour moi, c'est une défaite. »
Franzoni, une victoire méritée
À 24 ans, Giovanni Franzoni ne surgit pas de nulle part. Champion du monde junior de descente en 2022, vainqueur des deux entraînements et du Super-G de Wengen, l'Italien confirme sa progression constante en s'adjugeant sa première victoire en Coupe du monde sur la piste la plus exigeante du circuit.
Le suspense a néanmoins été maintenu jusqu'au bout grâce à Maxence Muzaton, qui comptait 54 centièmes d'avance à mi-parcours avant de terminer troisième à 39 centièmes. Une performance qui offre au Français son deuxième podium en carrière, le premier en descente.
Bilan mitigé pour l'équipe suisse
Derrière Odermatt, les résultats helvétiques révèlent les difficultés rencontrées sur cette Streif impitoyable. Niels Hintermann tire son épingle du jeu avec une surprenante sixième place, confirmant sa polyvalence malgré un profil peu adapté à cette piste.
La déception vient de Franjo von Allmen, seizième après une faute majeure dans l'entrée de la Traverse qui l'a privé d'un podium à sa portée. Les autres représentants suisses peinent à rivaliser : Alessio Miggiano (26e), Stefan Rogentin (32e), Alexis Monney (35e), Justin Murisier (44e), Lars Rösti (47e) et Livio Hiltbrand (48e) témoignent de la difficulté collective face à cette épreuve emblématique.
Cette course illustre parfaitement les exigences du ski alpin de haut niveau, où l'excellence technique ne garantit pas toujours la victoire. Pour Marco Odermatt, la quête de cette première victoire sur la Streif demeure l'un des défis les plus stimulants de sa carrière déjà exceptionnelle.